Accueil
Préambule
Au commencement... l’idée
d’un géant.
L’art, la technique de création
d’un géant.
L’entretien des géants
Bibliographie
Création d’HARENGUS, géant
de SECLIN
Baptême d'Harengus Junior
SECRET D'ATELIERS - COMMENT NAISSENT
LES GEANTS
Les textes et photos proviennent du
catalogue de l’exposition qui a eu lieu du 24 mai 2003 au 02
novembre 2003 à la Maison des Géants 18, rue de PINTAMONT
B-7800 ATH
Sous l’aimable autorisation conjointe de Messieurs Jean-Pierre
DUCASTELLE et Stéphane DELEURENCE.
Crédits
L’exposition ‘’Secrets
d’ateliers. Comment naissent les géants ?’’
est organisée par la Maison des Géants, en collaboration
avec la Ronde des Géants.
Commissaires :
Jean-Pierre DUCASTELLE, président du Conseil supérieur
d’Ethnologie de la Communauté française ;
Stéphane DELEURENCE, artiste plasticien, créateur de
géants.
Conception et réalisation
:
Nicole CUGNY, Laurence DEBRACKELEER, Laurent DUBUISSON, Philippe DUHAUT
et Dorian DEMARCQ.
Crédits photographiques :
Nicole CUGNY, Bruno DELANNOY, Stéphane DELEURENCE, B. LEGRAND-GIMINNE,
Th. MAROIT, LA RONDE DES GEANTS, LA MAISON DES GEANTS, Thierry PITITBERGHIEN.
Maison des Géants
18, rue de PINTAMONT
B-7800 ATH
Tél. 00.32.68.26.51.70
Fax. 00.32.68.26.51.79
e-mail : maison.des.géants@ath.be
http://www.ath.be/maisondesgeants
Préface issue du catalogue de l’exposition –
24 mai 2003 au 02 novembre 2003 (document de la maison des géants
n°6)
Aujourd’hui, en Belgique et
dans le Nord de la France, ceux qui veulent créer des géants
s’adressent à des artistes ou des artisans. On verra
dans l’exposition quel est le travail qui doit être réalisé
de l’assemblage du bois avec l’osier, à la sculpture
des têtes et des mains, de la confection des vêtements
à la peinture du visage ou encore à la fabrication des
accessoires. Pour être accepté par sa communauté,
le mannequin doit être une réalisation de qualité.
Il doit aussi exprimer les préoccupations de ses membres avec
qui il doit avoir un lien fort : personnage historique ou populaire,
représentation symbolique du quartier, du village ou de la
ville, ancien jeu, métier traditionnel…
L’exposition apporte des informations et montre des documents
concrets à ceux qui veulent comprendre la naissance et la rénovation
des mannequins gigantesques. Elle rendra de grands services aux responsables
de société et aux créateurs en constituant une
sorte de vade-mecum à leur usage. Les documents présentés
apportent une contribution claire et originale à la compréhension
d’une tradition populaire bien vivante en Europe occidentale.
Jean-Pierre DUCASTELLE
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Depuis des siècles, les géants
dansent sur le pavé des rues de nos villes, ici et ailleurs.
Associés à la vie de la cité, nos géants
jalonnent à la mesure de leur pas, les événements
festifs ou graves, mineurs ou majeurs de la vie collective. Il n’y
a pas de géant initial, pas de génération spontanée
: avant le géant les gens, ceux qui l’ont rêvé,
qui l’ont voulu….
Par son anthropomorphisme et ses dimensions,
les géants renvoient notre image avec démesure : cette
accentuation des traits humains, cet agrandissement manifestent notre
humanité, nous la présentent à l’état
brut. Tradition conviviale, le géant lie, relie les hommes
et les générations à travers le temps.
Le géant a donc une quatrième
dimension : le temps, ne serait - ce que par sa permanence et donc
son intemporalité (les géants ne meurent jamais vraiment).
Le temps qui marche, le temps qui danse, n’est-ce donc pas ce
que représente aussi le géant ? Le géant est
une mémoire active, un rappel, un repère visible de
l’invisible, de l’immatériel.
Derrière chaque géant,
il y a un groupe d’hommes et de femmes qui l’ont généré.
Le géant est une œuvre collective et celui à qui
les initiateurs confient le soin de lui fixer les traits, de lui donner
sa troisième dimension est un des acteurs de ce processus pluriel
de création.
Dans mon atelier, depuis les années
1980, environ cinquante géants ont vu le jour.
Pour moi le géant est vraiment réussi si les gens le
reconnaissent, s’y reconnaissent : l’objectif initial
et final de la création d’un géant, c’est
bien son appropriation par la communauté. J’essaie d’exprimer
ici que mon geste de créateur est anonyme parce que mêlé,
noué au geste collectif de conception du géant.
Objet d’une pratique collective,
œuvre qui vit, le géant est une œuvre d’art
populaire.
Stéphane DELEURENCE mai 2003
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