SECRETS D'ATELIERS - COMMENT NAISSENT LES GEANTS ?

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Préambule

Au commencement... l’idée d’un géant.
L’art, la technique de création d’un géant.
L’entretien des géants
Bibliographie
Création d’HARENGUS, géant de SECLIN
Baptême d'Harengus Junior

Chapitre II - L’art, la technique de création d’un géant

Aucun géant n’est identique mais c’est parfois le même procédé de fabrication, les même matériaux mis en œuvre. Les dimensions, la forme sont différentes chez chaque géant. De plus, il peut être porté ou sur roulettes : ainsi, certains dansent et d’autres non.

Au nord de la France, les premiers géants attestés (16ème siècle) étaient construits en osier et les têtes sculptées dans le bois. Pour les têtes et les mains, le plâtre et carton pâte sont ensuite apparus. En fait, c’est la légèreté du matériau qui prime dans le choix du constructeur. Le carton pâte a encore ses partisans mais la résine polyester est aujourd’hui souvent employée, rendant cependant le géant plus lourd. Les têtes de géants réalisées avec de la résine on un aspect lisse et manquent de patine.

La plupart des géants portés ont une structure en osier et en bois. C’est le matériau de prédilection pour fabriquer un géant et cela fait la particularité des géants du Nord de la France et de la Belgique. Depuis le 19ème siècle d’autres matériaux et techniques ont parfois remplacé l’osier et le travail de vannerie comme le fer, l’aluminium, les lattes de bois, la résine polyester, le grillage etc….

Mais ces matières sont souvent plus lourdes et moins adéquates que l’osier qui, par sa souplesse, sa légèreté reste le matériau préféré. De plus, l’osier permet de structurer l’ossature du géant tout en lui donnant sa forme ? Il se marie bien avec le tissu car il n’est pas coupant, il n’écorche pas le tissu. Souvent, lorsqu’il est remplacé par d’autres matériaux, c’est parce que les vanniers se font rares….

De nombreux savoir-faire interviennent dans la création d’un géant : il faut travailler le bois, le cuir, l’osier et le rotin, le plâtre, le métal, le papier, les matériaux synthétiques, les tissus, le crin de cheval, les cheveux…Beaucoup d’heures de travail sont nécessaires à toute une équipe pour créer un beau géant.


Un modelage en terre glaise du buste est confectionné.
La sculpture est alors prête à être moulée.



Après avoir défini les plans de joints qui détermineront le nombre de pièces du moule, le plâtre est appliqué sur toute la sculpture préalablement cirée. Le plâtre recouvre complètement le modelage en terre. Lorsqu’il est sec, il faut démouler pièce par pièce. Pour les parties les plus complexes, des élastomères (matières synthétiques souples et élastiques) sont utilisés facilitant le moulage et le démoulage et limitant ainsi le nombre de pièces du moule.




Les différentes pièces du moule rassemblées accueillent les couches de papier encollées. On retrouve ainsi les formes du modelage initial en terre glaise.



L’épreuve en carton pâte a été réalisée grâce au moule et elle pèse environ 15 kilos.
C’est la copie identique de la sculpture initiale en terre glaise qui, elle, pèse environ 300 kilos.
Après avoir préparé la surface, le buste est peint.



Le géant est terminé, les accessoires sont réalisés : ici, le cordage de la ligne pour pêcher est à l’échelle du géant et c’est de la vraie corde. Le géant va être présenté au public pour la première fois et baptisé. La morue géante, qui a été sculptée et moulée comme le buste du géant, est accrochée à la ligne que tient le géant à la main droite. Celui-ci est habillé d’une jupe en tissu et d’un tablier en toile cirée jaune. Il mesure environ 4m30.



Visage de ‘’Jean-Jean’’ de PONT-SUR-SAMBRE.
Sculpture de Stéphane DELEURENCE, terre crue, 1993. Collection Stéphane Deleurence.
Epreuve papier de ‘’Jérôme le Meunier’’ de BOESCHEPE. Collection Stéphane Deleurence.



Epreuve papier de ‘’P’tit Frère’’ de FORT-MARDYCK… Collection Stéphane Deleurence. Epreuve papier de ‘’Jean-Jean’’ de PONT-SUR-SAMBRE. Collection Stéphane Deleurence.


Sculpture en terre glaise de la tête du géant Jérôme le meunier de BOESCHEPE. Le plan de joint métallique a été posé pour permettre le moulage, ici, en élastomère avec chape de plâtre. Atelier de Stéphane Deleurence, 1993.
Photo Stéphane Deleurence. Collection La Ronde des Géants.

La tête de Jérôme le meunier est peinte. Elle est achevée.
Photo Stéphane Deleurence, 1993. Collection La Ronde des Géants.


Le géant Jérôme le meunier représente une personne ayant réellement existé : Jérôme RYCKEBOSCH, le dernier meunier de l’ONDANK-MEULEN, moulin de BOESCHEPE. Le géant est ici photographié devant la maison où habitait Jérôme RYCKEBOSCH, le 23 mai 1993, tôt le matin du jour de son baptême.
Photo Stéphane Deleurence. Collection La Ronde des Géants.



Main de P’tit Frère de FORT-MARDYCK,
sculptée par Stéphane Deleurence.
Terre cuite, 1992.
Collection de l’artiste.

Main gauche du géant lillois
Lydéric de LILLE.
Sculpture de Stéphane
Deleurence, 1999.
Photo Stéphane Deleurence.
Collection La Ronde des Géants.

Main du géant Isidore de LEZENNES,
créée par Stéphane Deleurence.
Photo Stéphane Deleurence.
Collection La Ronde des Géants.

Moule élastomère et chape de plâtre
de la main gauche de Jérôme le meunier
de BOESCHEPE, réalisées par Stéphane Deleurence. Collection de l’artiste.
L’extrémité de la hache du géant lillois Phinaert a été dorée à la feuille par Laurent MANCAUX, artisan d’art.
Photo Stéphane Deleurence. Collection La Ronde des Géants.


Main du géant P’tit Frère de FORT-MARDYCK.
Assemblage des différentes parties du tirage en papier de la main.
Atelier de Stéphane Deleurence, 1992.
Photo Stéphane Deleurence. Collection La Ronde des Géants.
La main de la géante ‘’Marianne’’ de ‘’La Ronde des Géants’’ est prête à peindre. Atelier de Stéphane Deleurence, 1989. Photo Stéphane Deleurence. Collection La Ronde des Géants.



Peinture des mains de la géante Joséphine La Peûle, de COUDEKERQUE-BRANCHE. Atelier de Stéphane Deleurence, 1996.
Collection La Ronde des Géants
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Mains et bras de Jérôme le meunier, de BOESCHEPE. Atelier de Stéphane Deleurence, 1993. Photo Stéphane Deleurence , 1993. Collection La Ronde des Géants.  



Habillage en tissu du bras du géant
Phinaert de LILLE par Nicole Cugny,
costumière.
Photo Stéphane Deleurence, 2000.
Collection de l’artiste.

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  Buste en osier d’Andrea de WAZIERS en cours d’habillage par Nicole Cugny, costumière. Photo Stéphane Deleurence, 2000. Collection de l’artiste.


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Patron en papier pour le costume de la géante Andrea de WAZIERS. Photo Stéphane Deleurence, 2000. Collection de l’artiste. Patron en tissu qui permet un premier essayage. Photo Stéphane Deleurence, 2000. Collection La Ronde des Géants.

 

La ‘’fenêtre’’ c’est la découpe ménagée
dans la jupe du géant pour que le
porteur puisse voir à l’extérieur.
Photo Stéphane Deleurence.
Collection de l’artiste.


Piquage de cheveux humains pour réaliser les sourcils de Reuze Papa II de CASSEL. Atelier de Nicole Cugny, 2000. Photo Stéphane Deleurence. Collection de La Ronde des Géants. Les postiches en crin de cheval sont fixés à l’état brut sur la tête de Phinaert, géant de LILLE. Photo Stéphane Deleurence, Lille, 1999. Collection La Ronde des Géants. Il ne manque plus que les
postiches des sourcils et
de la moustache sur le
visage du géant lillois
Phinaert. Photo Stéphane Deleurence, Lille, 1999.
Collection La Ronde des Géants.


Les postiches du géant lillois Phinaert sont coupés et coiffés. Photo Stéphane Deleurence, Lille, 1999. Collection La Ronde des Géants. La perruque du géant lillois Lydéric est en cours de réalisation. Cette perruque a nécessité 1,5 kg de cheveux humains. Photo Stéphane Deleurence, Lille, 1999. Collection La Ronde des Géants. La tête du géant lillois
Phinaert est achevée.
Photo Thierry Petitberghien,
Lille, 1999.
Collection La Ronde de Géants.

 

Fixation de la barbe en crin de cheval de Reuze Papa II, géant de CASSEL. Photo Stéphane Deleurence, 2000. Collection La ronde des Géants. Les postiches du géant Reuze Papa II sont frisés à l’aide de papillotes en plomb.
Cette opération est aussi réalisée avant chaque sortie du géant. Photo Stéphane Deleurence, 2000. Collection La Ronde des Géants.
Mise en plis à l’aide de bigoudis de la perruque en crin de cheval de la géante Iris Clert, messagère des arts. Photo Stéphane Deleurence, 1998. Collection La Ronde des Géants.



Réalisation des mains en cuir de Reuze Papa II, géant de CASSEL. Les gants sont bourrés de crains de cheval et armés de tiges d’acier. Photo Stéphane Deleurence, 2000.Collection La Ronde des géants.

 

Les mains de la géante Iris Clert, messagère des arts sont des gants en tissu de couleur. Cette géante représente la galériste qui a présenté sur ces cimaises les artistes du mouvement le nouveau réalisme. Elle a été créée par Stéphane Deleurence à l’initiative de Raymond Hains et a participé à de grands événements ou expositions d’art contemporain. Photo Stéphane Deleurence, Paris 2001. Collection Stéphane Deleurence.

La carcasse des géants est traditionnellement réalisée en osier. Ce matériau souple fait l’objet d’assemblages autour de montants en bois. Dès le Moyen Age, le mannelier (le vannier) intervient pour la réalisation des géants. C’est par exemple la confrérie des manneliers qui réalise au 16ème siècle la géante de DOUAI, Madame Gayant (aussi appelée Marie Cagenon). A ATH , les mentions de l’osier pour la structure des géants sont fort nombreuses à partir du 17ème siècle. La plupart des structures de mannequins gigantesques mettent en œuvre ce matériau.

D’où vient l’osier ?

Ce sont des branches de saules qui sont plantées dans des terrains irrigués ou humides. Ceux-ci doivent être bêchés à 40 centimètres environ et les boutures sont mises en terre au printemps. La récolte se fait à la mi-décembre. L’osier peut être utilisé brut ( osier gris) et tel quel servir à la fabrication de paniers ou de récipients pour l’agriculture.

Ancienne structure en osier du buste de la géante Maria de DOTTIGNIES. La tête de la géante avait été façonnée directement en plâtre et en papier sur la vannerie de forme sphérique. Collection de Stéphane Deleurence. Stéphane Deleurence travaille à la vannerie du buste de Reuze Maman II, géante de CASSEL. Photo Thierry Petitberghien, 2001. Collection La Ronde des Géants.

Dorian Demarcq réalise la hotte géante du Père Fouettard, élément accompagnateur du géant Saint Nicolas de la Ronde des Géants. Photo Stéphane Deleurence, 1999. Collection La Ronde des Géants.

Pour le corps des géants, le vannier se sert habituellement de l’osier blanc. Les bottes récoltées sont placées dans les ‘’routoirs’’, fossés avec un niveau d’eau de 15 centimètres. Les branches seront épluchées (avec une pince spéciale) dès la montée de la sève en mai. Autrefois, la production d’osier était fort répandue (au milieu du 19ème siècle, elle couvre plus de 65 000 hectares en France). Mais aujourd’hui elle est limitée à quelques dizaines d’hectares dans quelques sites.
Dans la réalisation des géants, le rotin est de plus en plus employé. Cette liane croît dans les zones subtropicales principalement en Extrême-Orient. Son écorce (la canne) a été utilisée pour le ‘’cannage’’ des sièges. La moëlle du rotin est débitée en fils pour la vannerie. La réalisation des ‘’paniers’’ de géants utilise le rotin pour les montants mélange avec l’osier (la firme VANDEN HAUTE d’AUDENARDE qui réalise les nouveaux paniers des géants d’ATH est spécialisée dans la réalisation de meubles en rotin).

Le panier du géant Reuze Maman II de CASSEL. Parfois le mot ‘’cage’’ est aussi utilisé pour désigner la structure en osier d’un géant. Atelier de Stéphane Deleurence, 2001. Photo Thierry Petitberghien. Collection La Ronde de Géants. Dorian Demarcq réalise la vannerie du corps de Dick, le chien du douanier, géant de GODEWAERSVELDE. Les gabarits, structurés de manière très légère dans du ‘’multiplis’’ sont intimement mêlés à la vannerie. Photo Stéphane Deleurence. Collection de l’artiste.

Le géant Raoul de GODWAERSVELDE mesure 5 mètres de haut, il est porté par quatre personnes. Il représente le célèbre chanteur nordiste. Création de Stéphane Deleurence. Photo de Stéphane Deleurence, 2001. Collection La Ronde des Géants.

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Montage du géant Totor de STEENWERK, vannerie de Jean Debaene en 1978. Photo Stéphane Deleurence, COUDEKERQUE-BRANCHE, 1996. Collection La Ronde des Géants. Vannerie et cuirasse du géant Goliath (ATH). Photo Stéphane Deleurence, 1996. Collection La Ronde des Géants.


Le panier du géant Totor, vu de dessous. Cinq porteurs y prennent place. Photo Stéphane Deleurence, 1996. Collection La Ronde des Géants.

  Le géant Magritte de LESSINES en cours de montage. Photo Thierry Petitberghien. Collection La Ronde des Géants.

 

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