Introduction - Le Comté de Flandre au Moyen Âge - Histoire du comté de Flandre aux cours des siècles - Aspect linguistique de la Belgique et du Nord de la France - Les Croisades - La quatrième croisade - Marguerite de Flandres - Jeanne de Flandres - Le Hareng au Moyen - Age - Philippe Auguste, Roi de France - Isabelle de Hainaut - Constantinople, porte de l'Orient - Louis XI en visite à Seclin - Les Soeurs Augustines Hospitalères à SECLIN - conférence de Madame Sylvia EVRARD


NOTE SUR LA BATAILLE DE MONS-EN-PEVELE ET SON IMPORTANCE DANS L'HISTOIRE DE LA FLANDRE, DE L'ARTOIS ET DE LA BELGIQUE


Comme pour tout événement historique, la bataille de Mons-en-Pévèle doit être resituée dans son contexte ; c'est pourquoi il faut distinguer trois périodes qui couvrent les années 1297 à 1305, et même au-delà :

  1. La conquête de la Flandre (1297-1301)
  2. Le désastre de Courtrai et le sursaut flamand (1302-1303)
  3. La victoire du roi (18 août 1304)

1. La conquête de la Flandre - 1297-1301

Le comté de Flandre était, à la fin du XIII° siècle, une entité puissante, politiquement et économiquement.

Le comte, Guy de Dampierre, songeait à cette époque-là, à s'affranchir de la tutelle royale. Edouard Ier d'Angleterre, au même moment, avait des velléités d'indépendance pour son duché de Guyenne ; les deux hommes s'entendirent afin de conclure une alliance - élargie à quelques alliés - pour attaquer le roi de France, Philippe le Bel. Comme souvent, un projet de mariage fut envisagé entre l'une des filles du comte, Philippine (âgée de 6 ans) et le futur Edouard II. Il faut aussi noter que la Flandre avait des échanges commerciaux avec l'Angleterre qui lui fournissait la laine dont elle avait besoin pour son industrie drapière.

Philippe le Bel, informé de ces événements, convoqua Guy de Dampierre. Si celui-ci put rejoindre ensuite son comté, sa fille - filleule du roi - fut retenue à la cour de France : elle y reçut un accueil digne de son rang mais ne revit jamais son pays natal. Quant à la Guyenne, le roi la fit occuper lorsque son duc refusa de se rendre au palais royal où le roi l'avait sommé de venir.

Les projets entre Guy et Edouard reprirent : le roi de France décida d'envahir la Flandre ; en 1297, son armée se dirigea vers le comté ; Lille, assiégée, se rendit puis des garnisons françaises s'installèrent dans les principales villes tandis qu'une trève était signée jusqu'en janvier 1300. En 1299, Philippe le Bel et Edouard d'Angleterre signèrent un traité d'alliance : Edouard, qui avait poussé Guy de Dampierre à la révolte, l'abandonnait face au plus puissant roi de l'Occident...

C'est Lille, clef de la Flandre, qui intéressait le souverain et il y érigea une forteresse. Aujourd'hui disparue, elle occupait l'emplacement de l'actuelle place Louise de Bettignies. La trève prit fin le 6 janvier 1300 ; dès le lendemain, l'armée royale s'engouffra dans le comté et l'occupa. Guy de Dampierre, deux de ses fils et 50 chevaliers se rendirent "à merci" au roi : ils furent emprisonnés dans des châteaux du royaume.

Le roi et son épouse, Jeanne de Navarre, décidèrent, en 1301, de visiter le comté. Les dépenses que durent supporter les Flamands à l'occasion de leur venue furent tellement élevées qu'elles entraînèrent des manifestations, puis des émeutes, encadrées par deux tribuns issus du peuple, Pierre de Coninc et Jean Breydel (le monument sur la Grand-Place de Bruges, en face du beffroi, les représente).


2. Le désastre de Courtrai et le sursaut flamand - 1302-1303

Au printemps 1302, le climat se détériora un peu plus ; les notables de Bruges prirent peur et firent appel au gouverneur royal : il entra dans la ville le 17 mai et fit loger ses hommes chez l'habitant. Dans la nuit qui suivit, les révoltés forcèrent les portes des maisons et assassinèrent un grand nombre de ceux-ci. Cet événement est entré dans l'Histoire sous le nom de "Matines brugeoises".

Le roi et la noblesse de France furent horrifiés par cette action qui ne respectait pas les règles de la guerre et de la chevalerie. Une armée, en juillet, se dirigea vers la Flandre, en vue de la punir ; la rencontre eut lieu le 11 juillet 1302 à Courtrai : cette armée y fut laminée, ses chefs massacrés. Ce désastre a pour nom "la Bataille des Eperons d'Or". Depuis 1973, sa commémoration a pris la forme de Fête nationale flamande.

Cette victoire des fils du comte de Flandre marqua le sursaut du comté ; une à une, les villes occupées par l'armée française furent libérées et Lille, assiégée, se rendit. De l'été 1302 au printemps 1304, de nombreuses escarmouches, chevauchées et batailles localisées mirent la Flandre et le nord de l'Artois à feu et à sang.

Philippe le Bel mit alors tout en œuvre (financièrement, politiquement, militairement) pour lever l'armée de la revanche ; il créa aussi une marine, qu'il basa à Calais, en vue de surveiller l'Angleterre et d'aller combattre les vaisseaux flamands au sud de la Hollande.

3. La victoire du roi - 18 août 1304

Fin juillet 1304 l'armée royale quitta Arras. Son objectif était, à nouveau, de prendre Lille, mais la route directe Arras-Lens-Carvin-Seclin lui fut interdite car les Flamands tenaient solidement les ponts sur la Deûle. Alors le roi fit un très large détour : au sud de Douai (occupée par les flamands) vers Valenciennes, Condé sur l'Escaut, pour arriver à Tournai, le 9 août.

De là, le roi descendit vers Orchies ; il logea au prieuré de Faumont tandis que son armée occupait l'ensemble du secteur, y compris Mons-en-Pévèle. C'est à Faumont qu'il apprit que le 11 août sa marine avait capturé et détruit la flotte flamande à Zierikzée, dans les îles du sud de la Hollande.

En Flandre, des pourparlers s'établirent entre Français et Flamands, les 14, 15 et 16 août ; la tradition a fixé le lieu de ces négociations au Pas Roland, à Mons-en-Pévèle. Ce fut un échec. Le 17 août, de graves problèmes d'approvisionnement et de fourrage se posèrent à l'armée royale, partie d'Arras depuis le 29 juillet...

Philippe le Bel décida de quitter Mons-en-Pévèle pour se rendre à Pont-à-Vendin en vue de libérer le pont - toujours tenu par les Flamands - afin que le ravitaillement puisse être acheminé d'Arras. Aussitôt, les Flamands occupèrent le sommet du mont. Philippe le Bel s'arrêta et fit face, mais la bataille n'eut lieu que le lendemain, mardi 18 août.

Les chiffres avancés par les chroniqueurs se contredisent, mais plusieurs historiens estiment à environ 150 000 les combattants en présence (60 000 à 80 000 Français et un peu plus de Flamands).

La bataille dura toute la journée. Elle prit de multiples formes : échanges de tirs entre arbalétriers, jets de pierres avec des frondes, attaques de la cavalerie royale, contre-attaques des fantassins flamands, action des cinq machines de jet françaises, destruction de quatre de ces catapultes par les gens d'Ypres, prise du camp flamand par la cavalerie (les Flamands n'auront plus rien à boire et à manger alors que c'était la canicule), pause tacite, départs de contingents flamands vers Lille, pourparlers (échec de ceux-ci) actions flamandes sur le camp royal : c'est l'épisode représenté sur le tableau de la Galerie des Batailles du château de Versailles. Enfin, contre-attaque victorieuse de la cavalerie française, repli des Flamands qui abandonnent la partie et s'enfuient vers Lille. Le roi ne les poursuit pas.

La bataille fut suivie d'un troisième siège de Lille, puis de la capitulation de la ville. En 1305, un traité, très dur pour les Flamands, était signé à Athis-sur-Orge, puis révisé en 1312 et en 1322. Finalement, Lille, Douai et Orchies revinrent au domaine royal, jusqu'en 1369, et restèrent sous sa suzeraineté jusqu'au règne de François Ier. La bataille de Mons-en-Pévèle eut donc d'importantes conséquences politiques et territoriales.

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Durant les années 1297-1304, de Calais-Dunkerque au Hainaut, des monts de Flandre aux collines d'Artois, les villes et les villages ont payé un lourd tribut à la guerre car les chevauchées, faits d'armes et combats rangés ont été extrêmement nombreux. Quelques exemples :

  • les trois sièges de Lille (1297, 1302, 1304)
  • Gravelines, Bourbourg, Saint-Omer, Arques, etc : lieux de combats
  • Cassel, Furnes, Comines, etc, lieux de batailles et d'affrontements
  • Courrières, Harnes, La Bassée, Seclin, etc : lieux de chevauchées
  • Flines, Marquette, Loos, Phalempin : abbayes dévastées

Douai est restée fidèle au comte. Tournai résista, au nom du roi. Arras était le quartier-général de l'armée royale, Calais, sa base navale, Lens son point le plus avancé aux marches du comté rebelle.

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Des personnages importants sont venus à Mons-en-Pévèle : le roi, ses frères Louis d'Evreux et Charles de Valois, le futur chancelier de France Enguerran de Marigny, le juriste Guillaume de Nogaret, le connétable de France Gauthier de Châtillon, les maréchaux Foulque de Merle et Mile de Noyers, Rainier Ier, premier Prince de Monaco, et beaucoup d'autres parmi les grands noms de la noblesse de France : les ducs de Bretagne, de Bourgogne, de Montmorency, etc...

Des nobles moins célèbres aussi, mais qui s'illustrèrent à Mons-en-Pévèle : le sire de Joux dont le heaume portait un animal (un bœuf) ce qui entraîna, au cours de la bataille, le cri de ralliement "au bœuf !" ; et Morin d'Arfeuille, venu de la Haute-Marche (Creuse actuelle), qui défendit le roi lorsqu'il était attaqué ; le souverain, pour récompenser sa bravoure, l'autorisa à porter, désormais, le lys de France dans ses armes. A noter à ce sujet qu'en 2004, pour les cérémonies du 700ème anniversaire de la bataille, l'un des descendants directs de Morin d'Arfeuille, le vicomte François d'Arfeuille, est venu à Mons-en-Pévèle avec sa famille.

Se sont aussi distingués, en Flandre, les fils de Guy de Dampierre, son petit-fils Guillaume de Juliers, qui y perdit la vie. Et beaucoup de seigneurs flamands. Et encore Robert d'Attiches et Robert de Wavrin...

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De nombreux lieux, en Belgique et en France, évoquent les années 1297-1304 et plus particulièrement la bataille de Mons-en-Pévèle. Certaines villes furent directement concernées par tous ces événements. En voici un exemple, avec Seclin, lieu de pèlerinage sur la tombe de saint Piat :

  • juin 1297 : en se rendant à Lille à la tête de l'armée royale, Charles de Valois, frère de Philippe le Bel, incendie Seclin ; la collégiale Saint-Piat est dévastée, des objets précieux et des reliques sont emportés par la soldatesque. Le roi loge à Seclin.
  • 5 octobre 1297 : Philippe le Bel ordonne que les objets volés soient rendus aux chanoines.
  • juillet 1302 : Robert d'Artois se dirige vers Courtrai (ce sera la bataille des Eperons d'Or). Il passe à Seclin.
  • 1303 : le pape Benoît XI demande aux fidèles de verser des fonds pour restaurer la collégiale.
  • 1304, après la bataille de Mons-en-Pévèle :
    • 20 août : Philippe le Bel à Seclin. Nouvelles exactions (Seclin a été fidèle au comte de flandre). Le crâne de saint Piat est emporté à Gamaches (Picardie).
    • 26 septembre : après la capitulation de Lille :
      • il y reçoit une délégation de gens de Douai qui apportent les clefs de la ville
      • il nomme un nouveau gouverneur à Douai, Bauduin de Lens
    • 27 septembre : de Seclin, Philippe le Bel licencie son armée. Il part ensuite à Boulogne-sur-Mer en pèlerinage.


ARRAS, DANS LES ANNEES 1297-1304


De 1297 à 1304, Arras a joué un rôle extrêmement important dans la lutte entre le roi de France, Philippe le Bel, et le comte de Flandre, Guy de Dampierre. La capitale de l'Artois a, en effet, été la ville où l'armée royale fut convoquée, lors de chaque campagne.

En 1297, le 6 juin, le roi était à Arras, lieu de rassemblement de l'armée sous le commandement de son frère, Charles de Valois. C'est de la capitale artésienne qu'il partit attaquer la Flandre. Le comté fut envahi et une trève signée jusqu'au 6 janvier 1300.

La guerre reprit dès le 7 janvier, toujours en partant d'Arras. A nouveau la Flandre fut vaincue. Mais, en juillet 1302 eut lieu à Courtrai la bataille des Eperons d'Or où l'armée française fut décimée. A partir de ce moment-là les Flamands reprirent possession de leurs territoires ; ils firent de nombreuses chevauchées dans les villages du nord de l'Artois ; de Douai, les troupes du comte de Flandre menèrent des combats jusqu'aux portes d'Arras : le monastère Saint-Vaast contribua financièrement aux dépenses pour renforcer les défenses de la ville.

Le 15 août 1302, l'armée fut convoquée à Arras mais Philippe le Bel renonça à envahir la Flandre car les troupes des fils de Guy de Dampierre étaient supérieures en nombre. Le roi laissa d'importants effectifs à Arras. En 1303, nouvelle convocation de l'armée royale, pour le 15 mai ; la date se trouva reportée plusieurs fois, pour finalement être fixée au 15 août. Des éléments de l'armée menèrent des actions sur Douai, mais sans conséquences notables.

Il faut noter qu'à cette époque eurent lieu des troubles à Arras, les soldats du roi réclamant la solde qui ne leur avait pas été versée.

1304 : année de la bataille. L'ost se réunit le 24 juin ; des actions furent entreprises, à partir d'Arras, sur Douai et Pont-à-Vendin. Le roi logea à l'abbaye Saint-Vaast : curieusement, celle-ci possèdait des bâtiments au sommet de... Mons-en-Pévèle.

Le départ de l'armée, pour sa campagne victorieuse, s'effectua le 29 juillet. Le chroniqueur Guillaume Guiart a laissé des textes très précis et savoureux sur le spectacle haut en couleurs des troupes royales à Arras. Durant toute la campagne, Arras a été la base arrière de l'armée de Philippe le Bel, son hôpital et sa réserve de victuailles.


DOUAI DANS LES ANNEES 1297-1304


En juin 1297, l'armée royale, venant d'Arras, voulut franchir la frontière séparant l'Artois de la Flandre. Elle tenta de le faire à Pont-à-Râches et réussit à bousculer les défenses flamandes, ouvrant ainsi la route de Lille aux troupes de Philippe le Bel. Toutefois, Douai résista et demeura un bastion flamand dans un environnement devenu favorable au roi de France.

Orchies ouvrit ses portes, le pays fut occupé par l'armée royale où les mercenaires se livrèrent à des exactions (abbayes de Flines et de Marchiennes). De Douai, les Flamands lancèrent des opérations de représailles en Artois, jusqu'aux portes d'Arras. Il faut noter que les Douaisiens étaient divisés, le roi et le comte de Flandre y avaient leurs partisans.

En janvier 1300, après la fin de la trève, la guerre reprit. Charles de Valois, frère de Philippe le Bel, fut accueilli avec joie à Douai. L'année suivante, le roi et la reine vinrent à Douai à l'occasion du mariage de Robert II d'Artois.

Après la bataille des Eperons d'Or à Courtrai (11 juillet 1302) les Flamands reprirent possession de Douai ; c'était le 11 août. La ville restera fidèle au comte de Flandre jusqu'en septembre 1304. Douai, à nouveau bastion flamand, devint une base de départ pour des chevauchées au nord de l'Artois. Craignant une attaque française, les échevins apportèrent tous leurs soins à la défense et à la surveillance des remparts de la cité.

Durant l'année 1303 - année terrible pour les villages des alentours - les actions des armées furent sanglantes. Les chroniqueurs citent Izel-les-Esquerchin, Lambres-les-Douai, etc... Le 1er août, une action de l'armée royale, menée à partir d'Arras, se résuma à des faits d'armes sans conséquences notables. Philippe le Bel, à cette époque, promit aux échevins douaisiens, qui avaient été expulsés par les Flamands, de les indemniser pour les pertes qu'ils avaient subies à cause de leur fidélité à sa personne.

Jean de Namur, l'un des fils du comte, défendait efficacement la ville et les troupes du connétable de France, Gauthier de Châtillon, ne purent rien faire contre elle. Par contre, cette guerre interminable minait son industrie drapière et détruisait les récoltes.

Lorsque commença la campagne de 1304 (fin juillet) le roi, qui voulait emprunter la route Lens- Carvin-Seclin, ne put réussir à franchir la Deûle à Pont-à-Vendin (le pont était solidement tenu par les Flamands) et dut faire un très long détour par Douai, Valenciennes, Condé sur l'Escaut, pour rejoindre Tournai en vue de se rabattre ensuite sur Lille. Mais il contourna Douai, toujours aux mains des fidèles du comte de Flandre. Après Tournai, Philippe le Bel installa son quartier- général à Orchies, tandis qu'il logea en personne à Faumont.

Le matin de la bataille (18 août) un contingent douaisien, emmené par Jean de Namur, rejoignit l'armée flamande disposée au sommet du mont. Y avait-il des arbalétriers dans cette troupe ? Aucun chroniqueur ne le dit, mais, en 1927, lorsque la Ville de Douai décida d'ériger un monument pour les victimes de la Grande Guerre, un arbalétrier, dit de Mons-en-Pévèle, y figura. Cela déclencha une polémique car ce combattant aurait alors été l'allié des mercenaires allemands contre le roi de France. Cela faisait plutôt désordre pour un monument relatif à la guerre 14-18 ! Désormais, il fut simplement appelé "arbalétrier flamand".

Ce n'est qu'après la chute de Lille (septembre 1304) que Douai se rendit. Philippe le Bel était alors à Seclin ; une délégation de Douaisiens vint parlementer et voulut faire croire au roi que la cité était en mesure de résister encore. Philippe le Bel réussit à les convaincre du contraire, et les délégués lui remirent les clefs de la ville. Aussitôt, ce dernier envoya à Douai son capitaine, Bauduin de Lens. La vie économique put reprendre...


LES LIEUX EN RAPPORT AVEC LA BATAILLE DE MONS-EN-PEVELE


Si la bataille de Mons-en-Pévèle est moins connue que celle de Bouvines, les sites et les lieux où il est permis de l'évoquer - replacés dans le cadre des années 1297 à 1305 indissociables de la journée du 18 août 1304 - ne manquent pas. En voici une liste, non exhaustive :

  • EN FRANCE :
    • LILLE : Place Guy de Dampierre - Place Leroux de Fauquemont - Place Louise de Bettignies
      (emplacement du château construit par Philippe le Bel) - Musée de l'Hospice Comtesse (tableaux)
    • DOUAI : Monument aux morts (l'arbalétrier) - le beffroi
    • ARRAS : l'abbaye Saint-Vaast (celle qui existait au début du XIV° siècle)
    • SECLIN : la collégiale
    • FLINES-LES-RACHES : site de l'abbaye où furent inhumés Guy de Dampierre et peut-être
      Guillaume de Juliers
    • MARQUETTE : site de l'abbaye, lieu de négociations entre les deux armées
    • BOULOGNE-sur-MER : La cathédrale-basilique (la crypte du mariage, le reliquaire du Trésor)
    • PARIS : Notre-Dame de Paris : emplacement de la statue de Philippe-le-Bel - Musée Notre-
      Dame (tableaux représentant la nef avec la statue)
    • BOULOGNE-BILLANCOURT (Hauts-de-Seine) : Eglise Notre-Dame de Boulogne érigée
      suite au vœu de Philippe le Bel à Mons-en-Pévèle
    • SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis) : Basilique : gisant de Philippe le Bel - Oriflamme
    • CHARTRES (Eure et Loir) : Musée : partie de l'armure dite de Philippe le Bel et son heaume
    • ARFEUILLE (Creuse) : château de Morin d'Arfeuille, présent à Mons-en-Pévèle (ne se visite
      qu'en été)
    • PLOËRMEL (Morbihan) : Gisant de Jean II, duc de Bretagne
    • JOUX (Doubs) : château de Jehan de Joux, mort à Mons-en-Pévèle
    • MONTBENOÎT (Doubs) : lieu de sépulture de Jehan de Joux
    • CHATEAU-CHALON (Jura) : lieu de sépulture de Jean de Chalon, mort à Mons-en-Pévèle
    • CONFLANS-STE-HONORINE (Yvelines) : Gisant de Mathieu IV de Montmorency
    • CHERLIEU (Haute-Saône) : lieu de sépulture d'Othon IV de Bourgogne
    • SAINT-OUEN L'AUMÔNE (Val d'Oise) : abbaye de Maubuisson où furent inhumés Robert
      d'Artois et Mahaut d'Artois
    • HAUTECOMBE (Savoie) : Abbaye avec les cénotaphes d'Amédée V et Edouard de Savoie - Bas-relief représentant la bataille de Mons-en-Pévèle
    • FONTEVRAUD (Maine-et-Loire) : lieu où fut déposé le cœur d'Edouard Ier d'Angleterre
    • VERSAILLES (Yvelines) : Galerie des Batailles, tableau La bataille de Mons-en-Puelle
  • A L'ETRANGER :
    • LONDRES (abbaye de Westminster) : tombeau d'Edouard ler d'Angleterre
    • PRINCIPAUTE DE MONACO : Palais Princier de l'Amiral Rainier Grimaldi
    • ZIERIKZEE (HOLLANDE) : île au large de laquelle eurent lieu les combats navals des 10 et
      11 août 1304
  • EN BELGIQUE, PLUSIEURS LIEUX :
    • BRUGES : Chapelle Notre-Dame des Aveugles - Abbaye Notre-Dame de la Poterie - le beffroi - le monument Pierre de Coninc et Jean Breydel avec ses bas-reliefs notamment celui de Mons-en-Pévèle
      Il faut mentionner, pour Bruges, un fait particulier : le jour de la bataille, les Brugeois firent un vœu à Notre-Dame de la Poterie (c'est une abbaye de la ville) : s'ils rentraient vivants chez eux, ils feraient chaque année une procession dans Bruges, de la chapelle Notre- Dame des Aveugles à l'abbaye Notre-Dame de la Poterie, procession à l'issue de laquelle ils offriraient à la Vierge un cierge de 36 livres. Ce vœu a été tenu depuis 1305 ; c'est ainsi que tous les ans, le 15 août, cette procession se déroule à Bruges. Les Flamands, en 1992, ont offert à Mons-en-Pévèle, une réplique de la statue de Notre-Dame de la Poterie.
    • COURTRAI : Le monument de la Bataille des Eperons d'Or - les éperons d'or - L'église Notre- Dame (éperons à la voûte) - la chapelle des Comtes de Flandre - l'Hôtel de Ville (peintures murales) - le musée
    • ROOSEBEKE : le monument de la bataille de 1382 (récupération des éperons d'or)
    • TOURNAI : la cathédrale
    • YPRES : église Saint-Martin (tombeau de Robert de Béthune)
  • ET, BIEN SÛR, A MONS-EN-PEVELE :

    Le mont - Le Pas Roland - La fontaine Saint-Jean - La Voie du Reste - le Blocus - La statue de Notre-Dame de la Poterie, etc, etc ... en attendant, en septembre 2005, la future stèle qui commémorera la bataille du 18 août 1304, dans un esprit de paix.

LE RÔLE DE TOURNAI

Tournai, ville appartenant au domaine royal, joua un rôle fort important durant les années 1297 à 1304. De très nombreuses Chroniques ont cité Tournai à de nombreuses reprises ; voici une énumération des principaux faits survenus :

  • Siège de Lille en juin 1297. Parmi les troupes royales, 300 sergents tournaisiens, vêtus d'une tunique bleue et protégés d'un couvre-chef blanc, avec la réputation de meilleurs soldats du royaume. Ce nombre de 300 sera porté spontanément à 600, par fidélité au roi de France.
  • Après la capitulation de Lille, des négociations ont lieu à Tournai entre Français et Flamands, en l'abbaye Saint-Martin. Elles se terminent le 28 janvier 1298 par la prolongation de la trêve jusqu'au 6 janvier 1300.
  • La guerre reprend en janvier 1300. La Flandre est occupée. Le comte de Flandre, Guy de Dampierre, se rend (avec son fils Robert de Béthune et 50 chevaliers). Ils sont conduits à Paris, leur route passe par Tournai.
  • 18 mai 1301, visite du Roi et de la Reine à Tournai. Accueil enthousiaste.
  • Révolte en Flandre. Nuit du 17 au 18 mai 1302 : Matines de Bruges (massacre de Francais). L'Abbé de Saint-Martin à Tournai, Gilles le Muisit, écrit : "Les temps à venir sauront quelle grande et énorme trahison s'accomplit en ce jour".
  • 11 juillet 1302 : Bataille des Eperons d'Or. Lourde défaite française. Des fuyards tentent de rejoindre Lille et Tournai. Dans cette dernière ville les gardes, incrédules, refusent tout d'abord de leur ouvrir les portes, croyant avoir affaire à des troupes flamandes venues les surprendre. Après la bataille de Courtrai, Tournai renforce ses fortifications, pourtant déjà imposantes.
  • Quelques années plus tard, une étrange aventure se produit : Jean de Brabant, époux de Marie de Mortagne, châtelaine de Tournai, était mort à Courtrai mais son corps n'avait pas été retrouvé, sans doute mis dans une fosse commune. En 1307, des illuminés sillonnent la France et annoncent le retour de combattants que l'on croyait morts : parmi eux, Jean de Brabant. Un homme se fait passer pour lui et ... se fait reconnaître par son épouse ! La supercherie est découverte et l'individu est enterré vif (Histoire rapportée par Gilles le Muisit).
  • En été 1302 Philippe le Bel réunit une armée. Mais l'automne empêche toute action militaire.
  • 1303 : année de chevauchées et d'exactions. Parfois, les alliés du roi prennent l'initiative. C'est ainsi que, de Tournai, une troupe, emmenée par le Maréchal Foulque de Merle, vient jusque dans la région de Lille et met le feu aux abords de Flers.
  • Les Flamands ne supportent plus que Tournai soit un bastion royal. En août 1303, ils mènent une attaque contre la ville. Ils en font le siège avec des machines de jet. Un groupe de Flamands tente d'entrer, par ruse, dans la cité. Exploit de François de Staples, qui les repousse.
  • Trêve entre Français et Flamands (20 septembre 1303). Le siège de Tournai est levé. La trêve est fixée jusqu'au 17 mai 1304, puis prolongée jusqu'au 24 juin 1304.
  • L'armée, convoquée à Arras, quitte cette ville le 29 juillet 1304. Mais le passage de la Deûle, à Pont-à-Vendin, est solidement tenu par les Flamands. Le roi, qui veut aller prendre Lille, est contraint de faire un très large détour (sud de Douai, Valenciennes, Condé sur l'Escaut, puis Tournai).
  • 8 août : le roi arrive en vue de Tournai.
  • 9 août, il y fait son entrée, avec ses frères. Ils se rendent à la cathédrale.
  • 10 août : l'armée quitte Tournai pour aller à Lille. Mais Philippe le Bel charge le Grand Maître des Arbalétriers, Thibaut de Chépoy, à partir de Tournai, de ravager le pays d'Alost.
  • Bataille de Mons-en-Pévèle, 18 août 1304. Aucune mention particulière des Tournaisiens. Mais il est évident qu'ils faisaient partie de l'armée royale, tandis qu'une garnison gardait les fortifications de Tournai pour éviter toute attaque flamande.
  • Septembre 1304, siège et capitulation de Lille.
  • 1305 : traité d'Athis-sur-Orge, mais la paix est difficile à appliquer. Des négociations sont menées, interrompues, puis reprises, jusqu'en 1320.
  • Ainsi, en 1310, Tournai accueille les négociateurs (dont Enguerran de Marigny).
  • En 1314, Tournai est assiégée par les Flamands : l'armée royale vient la secourir.


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De Gérard HUGOT


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  • Lille : librairie Tirloy, 62 rue Esquermoise
  • Seclin : Maison de la Presse, 8 rue Jean Jaurès
  • Douai : Librairie Brunet, Place d'Armes
                Maison de la Presse, 35 rue de Canteleu
  • Arras : Librairie Brunet, 21 rue Gambetta
  • Mons-en-Pévèle : Association Mons-en-Pévèle 2004, Mairie 59246 Mons-en-Pévèle
    (pour les envois par la Poste, ajouter 6,50 euros)


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