Introduction - Le Comté de Flandre au Moyen Âge - Histoire du comté de Flandre aux cours des siècles - Aspect linguistique de la Belgique et du Nord de la France - Les Croisades - La quatrième croisade - Marguerite de Flandres - Jeanne de Flandres - Le Hareng au Moyen - Age - Isabelle de Hainaut - Constantinople, porte de l'Orient - La bataille de Mons en Pévèle - Louis XI en visite à Seclin - Les Soeurs Augustines Hospitalères à SECLIN - conférence de Madame Sylvia EVRARD

PHILIPPE AUGUSTE, ROI DE FRANCE


Sceau de majesté de Philippe Auguste. Vers 1180. Archives nationales.

Pour mieux aborder ce chapitre sur Philippe Auguste, il faut préciser que la Flandre ne devient Française qu’en 1678 lors du traité de Nimègue signé par Louis XIV pour que la France récupère toute la Flandre méridionale, qui deviendra le département du Nord. Nous sommes donc Français que depuis un peu plus de trois siècles.

France, le 18 septembre 1180
‘’Le roi est mort. Vive le roi.’’
Philippe II, qui succède en ce jour à son père Louis VII sur le trône de France, n’a que quinze ans. Le jeune roi est pourtant déjà très populaire. Le royaume a, en effet longtemps attendu sa naissance. Père de nombreuses filles, Louis VII désespérait d’avoir un héritier mâle. Le temps perdu a toutefois été très vite rattrapé. Le jeune prince a été sacré à Reims du vivant de son père , le 1er novembre 1179, et Louis VII lui a pratiquement abandonné le pouvoir depuis lors. Déjà fin politique et soucieux de ses alliances, il a épousé il y a quelques mois Isabelle, fille du comte du Hainaut et nièce du comte de Flandre. Celle-ci lui a apporté l’Artois en dot. Le jeune roi se trouve néanmoins très démuni face à son rival Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre mais aussi duc de Normandie, d’Anjou, de Touraine et d’Aquitaine. Philippe Auguste doit, en outre, veiller à l’unité politique de son royaume. S’il est en effet parvenu à se débarrasser de la tutelle de sa mère et de ses oncles de Champagne, ceux-ci se montrent fort ambitieux depuis la mort de Louis VII. Les nombreuses qualités qu’on lui prête seront nécessaires pour venir à bout des problèmes qui lui sont légués en même temps que la couronne de France.

Mantes, 14 juillet 1223
C’est un grand roi qui meurt, à 58 ans, après quarante-trois ans de règne. Philippe Auguste avait préparé sa mort dès le mois de septembre 1222, sentant déjà les premières atteintes du mal qui devait l’emportait. Ses joyaux ont été légués à l’abbaye de Saint Denis et des sommes importantes ont été remises aux chrétiens de Syrie, à l’Hôtel-Dieu de Paris et aux pauvres. Il n’avait pas non plus oublié sa femme Isambour, alors qu’il l’avait délaissée presque toute sa vie. Le prince Louis, son héritier, ayant recueilli ses dernières recommandations, les ressources du Trésor ne devaient plus être employées qu’à la seule défense du royaume. Mais pris de remords, il avait prévu 50 000 livres pour dédommager les personnes injustement dépouillées par ses ordres. C’est au début du mois de juillet que son cas a véritablement empiré, lors de son séjour au château de Pacy-sur-Eure. Le 11 ; après une saignée qui l’avait provisoirement rétabli, il négligea la diète prescrite. Le lendemain, le mal réapparaissait et les derniers sacrements lui furent administrés. Il voulait mourir à Paris ; sa maladie ne lui a pas laissé le temps d’y parvenir. C’est à Mantes qu’il pousse le dernier soupir. Celui qu’on appelé dans sa jeunesse le ‘’vallet maupigné’’, autrement dit le garçon mal peigné, était plus un homme de guerre et fin politique que lettré. Ni dans sa diplomatie, ni dans son gouvernement, il n’a été retenu par un sentiment ou par un scrupule. C’était un homme vigoureux qui aimait la table, le vin et les femmes, s’emportant parfois mais sachant se ressaisir. Cette habileté et cette énergie expliquent les succès de son règne : l’autorité et le domaine royal ont été étendus jusqu’aux frontières du royaume ; la féodalité l’Angleterre et l’ Empire coalisés ont été vaincus. Et surtout Philippe II, dit Auguste, a réussi à imposer durablement sa dynastie et n’a pas jugé nécessaire de faire sacrer son fils de son vivant : ce Capétien était fort confiant dans l’avenir.

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