Introduction
- Le Comté de Flandre au Moyen Âge
- Aspect linguistique de la Belgique
et du Nord de la France - Les
Croisades - La quatrième
croisade - Marguerite de Flandre
- Jeanne de Flandres - Le
Hareng au Moyen - Age - Philippe Auguste,
Roi de France - Isabelle de Hainaut
- Constantinople,
porte de l'Orient - La bataille de Mons
en Pévèle - Louis XI en
visite à Seclin - Les Soeurs
Augustines Hospitalères à SECLIN - conférence
de Madame Sylvia EVRARD
Comté de Flandre
La Flandre
était autrefois un comté,
l'une des principautés
du royaume de France, aux frontières durement guerroyées entre 866,
date de sa création, et 1384, mort du dernier comte de Flandre, Louis
de Male à Saint-Omer.
Histoire
Préambule
Le comte de Flandre était l'un des six pairs
laïcs primitifs (les pairs laïcs à l'avènement d'Hugues
Capet). Pour la liste des comtes de Flandre, voir les pages Comtes
de Flandre et Maison
de Flandre. Deux comtes de Flandre eurent le titre de régent
de France : l'un, Baudouin
V, fut tuteur de Philippe
Ier de France; l'autre, Philippe
d'Alsace, fils de Thierry
d'Alsace, eut la tutelle de Philippe-Auguste.
Un autre comte, Baudouin
IX, fut empereur
de Constantinople (1204).
Époque
romaine et Haut Moyen-âge
Du temps des Romains,
le territoire du comté de Flandre, qui faisait partie de la Gaule
Belgique, était occupé par les Morins,
par une partie des Nerviens,
des Atrébates
et des Ménapiens.
Ces peuples opposèrent une vive résistance à Jules
César ; les Nerviens à eux seuls armèrent contre lui soixante
mille hommes et faillirent exterminer ses légions. Cette partie remuante
de la Gaule Belgique se souleva en 68
ap. J.-C, sous l'impulsion du chef batave
Civilis.
Le christianisme
y fut introduit, sous Maximien
et Dioclétien,
par Piat,
Chrysole
et Eucher, tous trois martyrs.
En 445, Clodion
le Chevelu, chef des Francs,
vainqueur des Romains, envahit cette contrée et prit Tournai
et Cambrai. A cette invasion
succédèrent, en 449, les ravages
d'Attila.
En 486, Clovis
Ier s'empara
du pays, qui, sous ses descendants, fit partie de la Neustrie
et fut administré par des gouverneurs dits Forestiers.
Ce n'est qu'au VIIe siècle
qu'apparaît le nom de Flandre : encore ne s'étendait-il à cette
époque qu'au territoire de Bruges.
Origines
et accroissement du comté (866-1128)
Origines:
866-879
Le comté de Flandre trouve au IXe siècle
son assise territoriale le long de la vallée de la
Lys, à l'ouest de l'Escaut,
entre Bruges et l'actuelle
Saint-Omer.
Il occupe des terres progressivement libérées par la mer qui recouvraient
en grande partie cette région jusqu'alors. Aux temps carolingiens
quelques familles puissantes occupaient les charges comtales et
abbatiales (c'est le cas des Unrochides
par exemple), mais elles n'étaient pas implantées uniquement dans
la région.
Les partages successifs de l'Empire (Verdun
843, Ribemont
880) et surtout les invasions
normandes ont destructuré et fragilisé cette situation. Le futur comté
s'est retrouvé du côté du royaume de France (Francia occidentalis,
ouest de l'Escaut), où le pouvoir s'est plus vite fragilisé qu'à l'Est.
L'incapacité royale à lutter contre les Normands et leurs ravages
a entraîné la montée en puissance de pouvoirs locaux sur lesquels
la population misait pour se protéger.
C'est dans ce contexte qu'apparaît Baudouin,
le premier de la lignée des comtes
de Flandre. Avec le titre de marquis, il est un comte fonctionnaire.
Sa fortune naît de son mariage en 863
avec Judith,
fille du roi Charles
le Chauve. Son pouvoir s'exerce dans l'aire primitive des comtés
de Bruges, de Gand
et de Mempisc (Bergues).
Ces pays seront unis en comté
de Flandre par son successeur. À sa mort (879),
l'hérédité de la charge a été reconnue par le roi. Sa famille conservera
la Flandre jusqu'en 1119, puis
de 1191 à 1280.
Fondation
de la puissance flamande: 879-1070

Son fils Baudouin
II (879-918)
fonde véritablement la puissance flamande. Si les Normands
ravagent sévèrement la contrée (879-883),
il hérisse le comté de forteresses (bourgs), où la population peut
se réfugier. Politiquement, il tente de capter l'héritage des Unrochides,
éventuellement par le meurtre, et y parvient partiellement (acquisition
de l'abbaye de Saint-Bertin à Saint-Omer).
Son successeur Arnoul
Ier (918-965)
réussit à étendre le comté vers le sud jusqu'à la Canche (Arras,
Douai).
Arnoul Ier reprend l'héritage, Boulonnais et Ternois,
de son frère Adalolphe
de Boulogne (†933) et se heurte dès lors, outre au roi lui-même,
à d'autres grands féodaux: le duc de Normandie, le comte de Vermandois,
le duc de France. Guerriers, ces grands seigneurs sont aussi pieux.
Ainsi Arnoul Ier soutient-il le mouvement monastique et la réforme
religieuse. En 962 les enfants
d'Adalolphe
de Boulogne réussissent à récupérer grâce au soutien du roi Louis
IV le comté de Boulogne ayant appartenu à leur père pour l'un
d'entre eux, Arnoul
II de Boulogne, mais dans la dépendance du comté de Flandre. Deux
minorités comtales (Arnoul
II de Flandre, Baudouin
IV) ne viendront pas réellement affaiblir la puissance des Baudouinides.
En 988 la riche veuve d'Arnoul
II de Flandre, Rozala
de Provence, tutrice ferme de Baudouin IV, épouse le capétien
Robert
II, mais la Flandre maintient son indépendance. Le territoire
flamand s'est stabilisé et l'assise n'en changera plus pendant deux
siècles: le noyau originel (autour de Gand, Bruges, Lille et Saint-Omer)
est directement régi par le comte; un arc sud, où le comte est représenté
par des châtelains locaux qui ne sont pas seigneurs de la terre; au-delà
encore, au Sud et à l'Est, des comtés vassaux (Boulogne, Guînes, Hesdin,
Saint-Pol, Lens). Le danger intérieur d'émiettement féodal à l'intérieur
du comté est ainsi circonscrit.
Le règne effectif de Baudouin
IV (988-1035)
et surtout celui de Baudouin
V (1035-1067), qui meurt
tuteur du roi de France Philippe
Ier et beau-père
de Guillaume
le Conquérant, constitue l'apogée politique de cette première
Flandre. Si l'extension vers le sud se stabilise, elle s'oriente vers
l'Empire, au-delà de l'Escaut. Les empereurs y ont créé des marches
(Valenciennes, Ename, Anvers) et renforcé les pouvoirs de l'évêque
de Cambrai. En réaction,
les comtes de Flandre s'emparent de Valenciennes
(v. 1007), échangée contre le
Pays de Waes (nord de Gand), et des Quatre-Métiers autour d'Alost
(entre Escaut et Dendre). Une Flandre impériale est ainsi constituée:
les comtes de Flandre sont dès lors également princes du Saint-Empire.
Le mariage du futur Baudouin
VI avec Richilde
l'héritière du Hainaut permet l'union personnelle des deux comtés
(1067-1070).
D'une
crise dynastique à l'autre: 1070-1128
La mort de Baudouin
VI provoque une crise dynastique. Le Hainaut
passe à son fils cadet, tandis que la Flandre, à la mort de son fils
aîné Arnoul
III (1071) revient à Robert
Ier le Frison
(1071-1093),
frère de Baudouin
VI, qui s'empare du comté après une courte guerre. Les descendants
de Robert Ier règnent
jusqu'en 1119 – Robert
II (1093-1111),
Baudouin
VII (1111-1119)-
avant que l'héritage ne passe sans problème (en vertu du testament
de Boudouin VII en faveur de son cousin germain) à Charles
de Danemark (1119-1127),
fils de Knut
IV, roi de Danemark.
Les comtes de Flandre sont de grands féodaux et des
vassaux exemplaires;
ils créent une administration qui permet pour la première fois l'élévation
de fonctionnaires roturiers. C'est une période de défrichement et
les premières "villes neuves" apparaissent. La population croît, les
villes se développent. L'apparition du métier
à tisser horizontal à pédales, vers 1100,
entraîne l'apparition d'une industrie textile dans les villes, alors
qu'auparavant cette activité s'exerçait dans les campagnes. L'industrie
textile sera dès lors une constante de l'histoire du comté, et même
au-delà de l'histoire de la région. Le commerce de la laine anglaise,
réputée pour son excellente qualité, est déjà pratiqué avec le royaume
insulaire. D'autres échanges se font aussi vers la Rhénanie.
Les marchands et les artisans des villes (Bruges,
Gand, Lille,
Arras, Saint-Omer,
Douai) commencent à s'organiser.
La richesse du comté est telle et son administration suffisamment
forte, que trois de ses comtes peuvent abandonner leur terre et se
rendre en Palestine
comme pèlerin ou comme croisés.
Cependant la tension sociale créée par l’industrialisation
éclate dans les années 1125-1128.
Une famine, fléau oublié depuis longtemps, a lieu en 1125.
Le clan de Bertulf ou Bertholf, prévôt
de l’église Saint-Donatien et ancien serf devenu chef de l'administration
comtale depuis 1091 (ce qui
est révélateur des changements sociaux qui affectaient la société
féodale de cette époque) est mis en cause dans des trafics de blé.
Le 2 mars 1127
des membres du clan de Bertulf assassinent le comte Charles
le Bon, dans l’église Saint-Donatien de Bruges pendant la messe
du mercredi des Cendres, acte inouï qui marqua le temps.
La noblesse et les bourgeois de Bruges
et de Gand fidèles au comte
abattent la puissance de Bertulf qui est exécuté. Charles le Bon étant
mort sans héritier, le roi de France, Louis
le Gros, en tant que suzerain,
intervient et impose Guillaume
Cliton, fils du duc Robert
II de Normandie, comme son candidat à la succession. Le 23
mars 1127, Guillaume Cliton est investi du comté et, afin de se
faire accepter, promet d'accorder les premières franchises aux villes
ainsi que l’abolition du tonlieu
et du cens.
Guillaume ayant oublié ses promesses, les villes flamandes se révoltent,
et lui préfèrent un autre candidat, Thierry
d'Alsace, qui s'impose finalement en 1128.
Apogée
politique puis économique (1128-1280)
La
puissance de la Maison d'Alsace: 1128-1191
Thierry
d'Alsace, fils de Thierry
II de Lorraine, (1128-1168)
et son fils Philippe
d'Alsace (1128-1191)
ont l'intelligence de ménager le patriciat émergeant des villes flamandes,
tout en cadrant les libertés urbaines. Par une politique matrimoniale
efficace, ils accroissent leur comté par l'acquisition des comtés
de Vermandois et
d'Amiens, du comté
de Boulogne, siège de l'évêché de Cambrai).
L'industrie textile continue rapidement son essor qui se poursuivra
jusqu'au milieu du XIIIe siècle,
et la vie commerciale s'organise autour de cinq foires: celles d'Ypres,
de Bruges, de Torhout,
de Lille et de Messines
(Mesen en Flandre actuelle).
Les draps flamands sont vendus, via les foires
de Champagne, à travers toute l'Europe, de Gênes
à Novgorod. Jusque vers
1175 les défrichements permettent
la création de nombreuses villes neuves. Philippe d'Alsace fait assécher
les marais de l'Aa. Tout reflète
la vitalité économique, qu'accompagne un accroissement important de
la population et une montée des aspirations politiques locales de
la bourgeoisie. Les bourgeois siègent de plus en plus dans les conseils
d'échevins dont ils
prennent peu à peu le contrôle. En accordant des chartes à de nombreuses
petites villes et en uniformisant celles des grandes (Arras,
Bruges, Gand,
Douai, Lille,
Ypres, Saint-Omer),
les comtes donnent satisfaction aux artisans-marchands, tout en contrôlant
le mouvement. Ils instaurent également une administration plus efficace,
substituant, en tant que leurs représentants, les baillis
aux châtelains et récoltent les tonlieux. Cette richesse permet d'assouvir
les idéaux religieux et chevaleresques des comtes Thierry et Philippe
d'Alsace qui partiront comme croisés
en Palestine.
Après la mort de son chancelier Robert d'Aire,
la politique de Philippe
d'Alsace, qui n'a pas d'héritier direct, devient plus imprudente.
Il sous-estime le jeune Philippe
Auguste et commet l'erreur de lui faire épouser sa nièce Isabelle
de Hainaut avec en dot l'Artois
(1180). Le roi de France assoit
fermement son pouvoir sur cette province et lui reprend également
le Vermandois (1184-1191).
En 1187, suite aux luttes de
ses habitants pour l'indépendance, la ville de Tournai
passe également aux mains du roi de France.
Un
empereur et deux "grandes comtesses": 1191-1280

C'est donc un territoire diminué qui passe à la sœur
de Philippe
d'Alsace, Marguerite
Ire (1191-1194).
Mais son mariage avec Baudouin
V de Hainaut (Baudouin VIII de Flandre) permet l'union personnelle
des comtés de Flandre et de Hainaut, et le retour de la branche aîné
des Baudouinides à la tête du comté de Flandre. Leur fils Baudouin
IX (1194-1205)
met partiellement en échec Philippe
Auguste et, en octobre 1197,
lui reprend Aire-sur-la-Lys
et Saint-Omer.
Philippe Auguste décide de mettre fin à la guerre avec la Flandre
et signe en janvier 1200, le
traité de Péronne avec Baudouin IX qui se reconnait vassal du roi
de France. Le comte de Flandre récupère une bonne partie de l'Artois.
Le prestige du comté est à son comble lorsque la quatrième
croisade est détournée vers Constantinople
où Baudouin IX est proclamé empereur en cette ville (1204),
succèdant aux empereurs romains d'Orient.
Ce prestige politique de courte durée n'empêche pas
Philippe
Auguste, après la disparition en 1205
de son beau-frère Baudouin IX (Isabelle
de Hainaut, l'épouse de Philippe Auguste, décédée en 1190 était
la soeur de Baudouin IX) de prendre soin de ses deux nièces orphelines,
Marguerite,
âgée de 3 ans et Jeanne,
âgée de 7 ans. En mariant cette dernière à Ferrand
de Portugal en janvier 1211,
le roi de France fait signer aux jeunes époux le traité de Pont-à-Vendin
(24 février
1211) par lequel il récupère
l'intégralité de l'Artois.
Ferrand,
tentant de se rendre indépendant de son suzerain,
organise une coalition avec Jean
sans Terre et l'empereur Otton
IV, mais il est battu et fait prisonnier au cours de la Bataille
de Bouvines le 27
juillet 1214. Emmené à Paris
le comte Ferrand reste enfermé dans une prison du Louvre
jusqu'en janvier 1227.
La comtesse Jeanne
se retrouve seule à gouverner, dans le cadre rigoureux du traité de
Paris (1214), sanctionnant la
perte définitive de l’Artois :
elle subit le contrôle étroit des agents royaux et prend en charge
la récolte d’une énorme rançon en vue de la libération de Ferrand.
Son pouvoir est tellement fragilisé qu’il est même provisoirement
anéanti lors de l’usurpation du faux
Baudouin (avril-mai 1225).
Cette aventure, symptôme d'un contexte social et politique difficile,
puis la mort prématurée de Louis
VIII accélèrent la libération de Ferrand
qui est accordée au traité de Melun
signé en 1226. Ce traité impose
aux villes et aux vassaux du comte la fidélité au roi en cas de rébellion
de leur suzerain direct. Les Capétiens
s’attachent alors, autant par leur prodigalité financière que par
le droit, la noblesse flamande. En contrepartie, Jeanne
de Constantinople et ses successeurs vont s’appuyer, comme leurs
prédécesseurs d’Alsace, sur les villes. En effet, en dépit des difficultés,
elle maintient fermement les accords économiques avec l’Angleterre,
garantissant la prospérité économique toujours grandissante des villes
et protège efficacement le commerce, notamment en dotant les villes
d'un cadre juridique strict (chartes ou keures). Sans enfant
survivant de ses deux mariages (le second avec Thomas
II de Savoie (1237-1244),
c’est sa sœur Marguerite
de Constantinople qui lui succède après sa mort survenue le 5
décembre 1244.
Le règne de Marguerite
II (1244-1279)
est marqué par sa vie privée tumultueuse. Mariée dès l'âge de dix
ans en 1212 à son ambitieux
tuteur, Bouchard
d’Avesnes qui lui a donné deux fils survivants, elle a dû se séparer
de lui pour des motifs politico-religieux. Remariée en 1223
avec Guillaume
de Dampierre, elle en a eu cinq enfants. Son accession au pouvoir
rend crucial l’épineux problème de sa succession, aggravé par la haine
que voue la comtesse aux fils de son premier lit. Une épuisante guerre
de succession se déroule entre les Avesnes, protégés par l’Empereur
Frédéric
II, et les Dampierre, soutenus par la papauté et favoris du roi
de France, dans un cadre plus vaste qui est celui de la lutte entre
le Sacerdoce et l’Empire. Le conflit, doublé d'une guerre avec la
Hollande, est marqué
notamment par l’appel de Marguerite II à Charles
d'Anjou en Hainaut. Le roi de France Louis
IX met un terme au conflit en rendant le 24
septembre 1256 le "Dit de
Péronne", une sentence de partage d'ailleurs identique à celle qu’il
avait déjà rendue en 1246, à
savoir: aux Dampierre échoira la riche Flandre et aux Avesnes, le
Hainaut. Par ailleurs, la Zélande
devient un comté indépendant de la suzeraineté flamande.
Ce conflit a coûté très cher à Marguerite
II, qui s’est endettée et a dû demander l'aide des villes, augmentant
de fait leur importance politique. Mais la prospérité éclatante, encouragée
par les deux comtesses, ne se dément pas sous leurs règnes. Jeanne
multiplie les chartes réglementant l’échevinage des grandes villes
(Gand avec l’institution des
“XXXIX”, Bruges, Douai,
Ypres en 1228),
mais calque également ce modèle aux petites villes et aux châtellenies.
Le pays se couvre de beffrois,
témoignages des libertés communales reconnues et réglementées. Pour
les comtesses, les villes servent de contrepoids à la noblesse, ralliée
à la cause royale. Foires et industrie drapière sont systématiquement
encouragées, la cour comtale jouant pleinement son rôle d’arbitrage.
La population augmente toujours, comme en témoigne la reprise des
défrichements durant le deuxième quart du XIIIe siècle,
assurant une expansion économique. La pratique de l’assolement
triennal et le regroupement en villages sont un des phénomènes
de cettebpériode dans la campagne flamande, permettant le maintien
jusqu’au XVIe siècle
d’un rendement céréalier de 20 à 24 hl/ha. Jusqu’au milieu du siècle,
on entreprend également la poldérisation des estuaires, commencée
par l’Aa au siècle précédent. Marguerite
fait réaliser de grands travaux de canalisation. Les marchands flamands
exportent alors leurs draps dans l’Europe entière et deviennent créditeurs
des princes. Gand profite de
sa situation à la limite du royaume et de l’Empire. Ypres
se voue au commerce textile. Arras,
désormais dans le comté d’Artois
(créé en 1237) connaît son apogée.
Bruges, surtout, devient
un centre important du commerce en Europe du Nord : outre le
drap et la laine, circulent le cuir et le blé de la Baltique, les
vins d’Italie. Les foires de Champagne entrent en relation, via Bruges,
avec les villes de la Hanse.
Les petites villes émergent dans tout le comté. Témoignant de la richesse
des marchands, les bourgeois, à l’instar des comtesses, fondent leurs
propres hôpitaux et leurs œuvres pieuses. Les lettres sont égalements
encouragées: Jeanne protège Manessier, Marguerite, Jean et Baudouin
de Condé.
La fin du règne de Marguerite voit une guerre économique
avec l'Angleterre (1270-1274)
qui se conclut par un accord très favorable pour le royaume: prémices
d'une situation socio-économique qui se dégrade déjà. Marguerite cède
définitivement le pouvoir en Flandre à son fils Gui
de Dampierre et en Hainaut à son petit-fils Jean
d'Avesnes en 1279. Les deux
comtés vont donc être à nouveau séparés après la mort de Marguerite
le 10 février
1280.
Un
siècle de crises (1280-1384)
Les
ambitions royales face aux Flamands: 1280-1320
La période suivante voit s’amorcer un déclin économique,
marqué par le changement des pratiques commerciales européennes :
les premières galères génoises entrent dans le port de Bruges en 1280;
artisans et marchands vont maintenant se distinguer : d’actif,
le commerce devient passif. Ces changements sont accompagnés de crises
sociales et politiques.
Dès le début du règne de Gui de Dampierre (1279-1305)
éclatent des révoltes dans les villes flamandes (1280) : les
communiers (petits artisans et ouvriers) ne supportent plus
la mainmise de la grande bourgeoisie sur les échevinages des villes.
Elles sont matées, mais il n’en reste pas moins que, pour conserver
leur pouvoir et préserver leur indépendance face au comte, les oligarques
urbains font désormais systématiquement appel au roi. Se dressent
progressivement deux camps qui vont s’opposer bientôt : l’oligarchie
urbaine et une grande partie de la noblesse constituent les partisans
du roi de France ou léliaerts en référence au lys, emblême
de la royauté française; ils ont face à eux les klauwaerts,
en référence à la griffe du lion arboré sur le blason des Dampierre,
essentiellement les communiers fidèles au pouvoir comtal.
Louis IX puis son fils Philippe
III jouent sans abus le jeu des institutions. Tout change avec
Philippe
le Bel (1285-1314)
et ses légistes, qui vont systématiquement faire jouer le droit en
faveur du pouvoir royal. Le comte Gui se trouve ainsi privé de toute
liberté de manœuvre, et se voit obligé d'entrer en rébellion ouverte
(1297). Le roi organise alors
l’invasion de la Flandre (1297-1300).
Le comte Gui, qui a vainement cherché l’alliance anglaise est fait
prisonnier. La Flandre est brutalement incorporée au domaine
royal. Les maladresses et les exactions du gouverneur Jacques
de Châtillon provoque une insurrection des communiers brugeois
dirigés par Pierre
de Coninck et Jean
Breydel : lors des mâtines
de Bruges le 18 mai
1302 quand tôt le matin, plus
de deux cent soldats de la garnison française sont massacrés et d'autres
chassés. Robert
d'Artois, cousin de Philippe
le Bel, et le connétable Raoul
de Nesle interviennent en représailles à la tête d'une armée de
près de dix mille hommes, mais les communiers affrontent la chevalerie
française près de Courtrai
et remportent l’emblématique Bataille
des Éperons d'Or le 11
juillet 1302.
Philippe le Bel reprend l’initiative et profite de
l’indécise bataille
de Mons-en-Pévèle (18
août 1304) pour imposer
le traité d’Athis-sur-Orge
(23 juin 1305),
qui ne sera jamais ratifié par les villes flamandes, principales pourvoyeuses
des indemnités de guerre. Le traité d'Athis-sur-Orge permet à Robert
III de Flandre dit Robert
de Béthune de prendre la tête du comté (1305-1322)
et de succéder à son père Gui de Dampierre mort dans une prison du
château de Pontoise le 7 mars
1305. La situation stagne, marquée par le marasme économique, les
dévaluations monétaires et les rivalités entre les villes (principalement
Gand et Bruges). Robert, toujours en position inconfortable entre
le roi et les villes flamandes, s’oppose systématiquement au pouvoir
royal. Néanmoins, le roi de France va s’emparer de la Flandre
gallicante ou wallonne
(où l'on parle le français) qu'il garde en gage avec les châtellenies
de Lille, Douai et Béthune :
c’est le Transport de Flandre qui est ratifié par le traité
de Pontoise. Signé le 11
juillet 1312 ce traité cède
définitivement la Flandre gallicante avec Orchies
au roi, le comte touchant en compensation une part de la rente versée
par les villes au roi. Les campagnes militaires successives de Philippe
le Bel et de Louis
le Hutin en 1312, 1313, 1314
et 1315 ne parviennent pas à
imposer le traité d’Athis. Ce n’est finalement que le 5
mai 1320 que le comte Robert
de Béthune, venu à Paris, jure fidélité au roi de France, renonce
à la Flandre gallicante et accepte de faire la paix sur arbitrage
du pape Jean XXII.
Le 2 juin suivant, le cardinal
prêtre Gaucelin, neveu du pape, assiste à la signature officielle
de la paix entre la Flandre et la France. Le comté est maintenant
replié sur une seule zone linguistique.
Pouvoir
des villes - pouvoir des comtes: 1320-1384

Dès après la signature du traité, la prospérité revient.
Robert III meurt en 1322. Son
petit-fils Louis
Ier lui succède
(1322-1346), mais vassal fidèle
et obstiné des Capétiens,
il commet de nombreuses maladresses qui le rendent très vite impopulaire
et suscitent une grande révolte conduite notamment par Zannekin
(1323-1328).
Le comte ne rassoit son autorité que grâce à l'intervention du roi
Philippe
VI (bataille
de Cassel).
L'avènement du roi Valois
a d'autres conséquences sur le comté: la Flandre va être le théâtre,
dès 1337 des prémices et des
débuts de la Guerre
de Cent Ans. Le comte francophile s'oppose aux intérêts anglophiles
des Flamands. Le roi Édouard
III d'Angleterre, jouant de l'arme économique, menace la Flandre
du blocus de la laine et de concurrence industrielle dans la production
textile. Face à la menace, les Gantois se donnent un chef, le tribun
Jacques
van Artevelde (1337). Le Gantois prône la neutralité dans le conflit
franco-anglais, l'accord économique avec l'Angleterre, l'alliance
des trois "Membres" de Flandres (Gand, Bruges, Ypres) et l'union économique
et militaire des Pays-Bas.
Rapidement Ypres et Bruges se rallient à Artevelde et le comte est
mis hors-jeu. Le tribun gantois traite directement avec le roi Édouard
(reconnu suzerain comme roi de France) et fait lever l'embargo des
laines. Il gouverne effectivement la Flandre de 1339
à 1345. C'est une tentative
d'instauration d'un pouvoir populaire original. Cependant, Artevelde
commet l'erreur de se jeter de plus en plus dans l'alliance anglaise.
L'intransigeance économique des grandes villes face au Plat Pays qu'elles
étouffent et la rivalité entre foulons et tisserands font le reste:
Jacques van Artevelde est assassiné à Gand par les tisserands (17
juillet 1345). Mais l'alliance
anglaise se maintient, et, après Crécy
(ou est tué Louis Ier)
et la prise de Calais par
les Anglais (1347), la Guerre
de Cent Ans se détourne du comté.
Le règne de Louis
II (1346-1384) voit la restauration
de la confiance des Flamands envers leur dynaste. L'habileté politique
du nouveau comte baudouinide lui permet d'éviter les pièges de l'alliance
anglaise, tout en maintenant une coopération économique. La paix est
signée avec l'Angleterre (1348),
les tisserands sont matés à Gand (1349)
et la soumission au roi de France cesse d'être automatique (refus
de l'hommage, 1350).
Malgré les ravages de la Peste
noire (1348), trente années
de prospérité économique (1349-1379)
et de tranquillité politique et sociale s'écoulent alors sous son
règne. Le comte réforme et modernise alors les institutions du comté,
spécialisant les différentes composantes de son ancienne cour. Il
négocie avec grand succès les deux mariages successifs de son héritière.
Le second mariage de Marguerite
de Male avec le nouveau duc
de Bourgogne Philippe
de Valois permet le Transport de Flandre, c'est-à-dire
le retour de la Flandre gallicante au comté. L'Artois revient également
au comte par jeu d'héritage (1382).
Les querelles de clochers se réveillent néanmoins violemment
en 1380: les tisserands gantois
reprennent leur tentative d'hégémonie et essaient de l'imposer à Bruges,
nouvelle capitale du comte. C'est la longue, sanglante et compliquée
révolte des Chaperons blancs (1380-1385),
menée en partie par Philippe van Artevelde (le fils de Jacques). C'est
à Philippe de Valois que revient d'écraser la révolte à Roosebecque
(27 novembre 1382).
Mais Gand résiste jusqu'après la mort de Louis II (1384).
L'époque
bourguignonne et ses suites (1384-1555)
L'époque
bourguignonne: 1384-1482
La période pendant laquelle règnent les Valois
de Bourgogne inaugure une nouvelle phase de l'histoire du comté de
Flandre. En effet, les ducs-comtes de cette dynastie vont peu à peu
agglomérer à leurs possessions un ensemble important de territoires,
par mariages, héritages, captations d'héritages, force, népotisme
ou achats. Outre l'Artois
et la Flandre que Philippe
le Hardi possède déjà du chef de sa femme (1384,
1405) Marguerite
III, le Boulonnais
(1416, 1419-1438),
le Brabant et le Limbourg
(1406, 1430),
le Namurois
(1421), le Hainaut,
la Hollande, la Zélande
et la Frise (1428,
1433), la Picardie
(1435-1463,
1465-1477),
le Luxembourg (1443)
et le Gueldre (1472)
entrent dans le domaine bourguignon. Le siège de l'évêché de Liège
(1408-1482)
et celui de Cambrai (1439-1479)
sont aux mains d'alliés des Valois de Bourgogne. La Flandre se retrouve
ainsi à la fin de la période au sein d'un ensemble qui, oubliés les
deux Bourgognes et le rêve lotharingien de Charles
le Téméraire, est géographiquement cohérent. Mais si la Flandre
se fond peu à peu parmi les "Pays
de par-deçà", bientôt les Pays Bas, elle en reste durant toute
la période l'élément le plus important parce que le plus peuplé et
le plus riche. De la Bourgogne,
au début de la période, le centre de gravité du pouvoir ducal passe
à la Flandre durant la période. Marie de Bourgogne cédera la Bourgogne,
mais gardera la Flandre et les Pays
Bas.
De fait Philippe le Hardi (1384-1404)
et Jean
Sans Peur (1405-1419) sont
avant tout des princes français et agissent politiquement en France
(régence de Charles
VI, querelle des Armagnacs et des Bourguignons, conquête anglaise).
Mais Philippe
le Bon (1419-1467) (qui gouverne effectivement les provinces septentrionales
à partir de 1413) et Charles
le Téméraire (1467-1477) (qui gouverne effectivement à partir
de 1465) résident en Flandre et, fait significatif, se font enterrer
à Bruges. Leurs points communs sont qu'ils assurent une relative paix
dans le comté, qu'ils ménagent les susceptibilités locales, tout en
installant progressivement une administration d'état efficace, leur
permettant d'établir un impôt constant qui finance leurs ambitions
politiques. Dans ce but, ils visent, au moins pour les trois premiers,
à la neutralité de leurs états.
Philippe le Hardi installe à Lille un Conseil permanent
pour les Pays de par-deçà, sur le modèle du conseil créé par Louis
de Male. Philippe le Bon refonde complètement sa haute administration.
Il place sous une même juridiction Flandre et Brabant et crée pour
la Flandre une chambre des comptes à Lille, parallèle à celles de
Bruxelles et de Dijon.
Les premiers États-Généraux
des Pays Bas sont réunis en 1464.
Charles le Téméraire va plus loin encore en instituant une cour suprême
de justice pour toutes ses possessions (Parlement
de Malines) et une chambre des comptes unique, à Malines. Depuis
1468, l'appel au Parlement
de Paris pour la Flandre a été supprimé, rendant de fait le comté
féodalement indépendant du royaume (accord arraché à Louis
XI à Péronne).
Malgré les épidémies de peste
et les famines locales (1400-1401,
1410-1411,
1425-1426,
1432-1433,
1438-1439…)
et les destructions liées à la guerre, le pays se repeuple. Les historiens
estiment la population du comté à 600 000 habitants en 1469.
Gand dépasse 50 000 habitants, Bruges 40 000, Lille 20 000 et Ypres
comme Douai avoisinent 10 000 âmes. Économiquement, les villes flamandes
connaissent leur chant du cygne. Les comtes-ducs stabilisent un tant
soit peu la monnaie (création du ‘gros’ de Flandre par Philippe II
en 1390 ; dévalué en 1418,
il est réévalué par Philippe III en 1433 ;
prescription d’une frappe identique de la monnaie dans tous les ateliers
en 1434). L’industrie textile
traditionnelle, de plus en plus concurrencée par l’Angleterre notamment,
est remplacée progressivement, en particulier à Bruges, par celle
de l’art, du luxe, de la banque et des finances. Le siège de la ligue
hanséatique rétabli dans cette ville en 1392,
le retour des marchands gênois en 1397,
les privilèges accordés aux marchands étrangers (portugais, castillans,
français) assurent, malgré deux départs momentanés de la Hanse
(1436-1438
et 1451-1457)
et le rapide développement d’Anvers
et d’Amsterdam, la
position de Bruges comme centre international de commerce jusque dans
les années 1480.
L’effervescence politique des villes, qui causera à
terme leur ruine, continue ponctuellement cependant. Suivant l’exemple
de Liège, Anvers
(1434), Bruges (1436-1438)
et Gand (1452-1453)
connaissent des révoltes, réprimées sans ménagement par Philippe le
Bon. Ce dernier, fortement marqué par l’assassinat de son père (1419)
a d’abord repris sa politique pro-anglaise, allant jusqu’à reconnaître
l’accession d’Henri
V d'Angleterre au trône de France. Mais l’affaiblissement de l’Angleterre
durant la minorité d’Henri
VI et les reconquêtes de Charles
VII le conduisent à établir la paix avec son cousin Valois. Le
traité d’Arras 1435 voit la
rupture avec l’Angleterre, mauvais allié financier, l’indépendance
vassalique personnelle avec le monarque français et l’acquisition
des villes de la Somme et de Boulogne (Seule Tournai reste dans le
giron royal). Cela entraîne inévitablement des troubles en Flandre
(siège infructueux de Calais par les flamando-bourguignons, attaques
anglaises en Flandre maritime, révoltes de Bruges et de Gand déjà
évoquées). Malgré cela, Philippe de Bon réussit à maintenir la neutralité
de ses états. Les approvisionnements anglais, suspendus en 1435, sont
rétablis et la situation revient à la normale dès 1439.
Après la mort de Charles
le Téméraire, qui avait toujours été en guerre avec Louis
XI (1465-1477),
le comté de Flandre échut à sa fille Marie
de Bourgogne ; celle-ci, en épousant l'archiduc Maximilien
Ier du Saint Empire, porta ce comté avec toutes ses dépendances
dans la maison
d'Autriche ; de là, les longues guerres de la France avec
cette maison.
Vers
Dix-Sept provinces indépendantes: 1482-1555
En 1526, le traité
de Madrid, en abolissant la vassalité
de la Flandre, brisa le dernier lien qui attachait ce pays à la France.
Charles-Quint
l'incorpora aux 17 provinces qui formèrent le cercle
de Bourgogne, qui deviendront ensuite les Pays-Bas
espagnols (1549).
Les
souverains "étrangers" (1555-1795)
En 1581, les
Provinces-Unies
proclament leur indépendance et seuls les Pays-Bas
du Sud restent sous domination espagnole, puis autrichienne à
partir de 1713 (Pays-Bas
autrichiens).
La
guerre: civile, religieuse et étrangère
La
domination espagnole
Le traité
des Pyrénées, en 1659, rendit
à la France quelques villes de la Flandre et de l'Artois.
Le traité
de Nimègue lui donna tout l'Artois et une bonne partie de la Flandre
avec un peu du Hainaut
et la ville de Cambrai
(1678).
La
domination autrichienne
La paix
d'Utrecht (1713) conféra
la Flandre non française à l'Autriche;
elle passa en 1740 à la maison
de Lorraine-Autriche, mais toujours en restant partie intégrante de
l'empire germanique.
En 1792, les
Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège furent envahies par
la France, puis reconquis
en 1793 par l'Autriche.
La France les reprit en 1794,
les annexa en 1795 et les occupa
jusqu'en 1814 en formant les
départements de la Lys et de l'Escaut. En 1814,
le territoire actuel de la Flandre fut donné au roi des Pays-Bas,
qui en fit deux provinces. Après le soulèvement des Belges en 1830,
elle resta à la Belgique.
Territoire
Le territoire du comté de Flandre ne correspond que
très partiellement au territoire de la Flandre
belge actuelle. Plus vaste, il était situé géographiquement plus à
l'ouest (les provinces actuelles de Brabant
flamand, d'Anvers
et de Limbourg
n'en faisaient pas partie).
La Flandre historique s'étend sur :
L'Artois,
au sud, en fut détaché en 1237.
Sources
et bibliographie
- Le Glay Edward: Histoire des comtes de Flandre
jusqu'à l'avènement de la Maison de Bourgogne, Comptoir des
Imprimeurs-unis, Paris, MDCCCXLIII
- Platelle Henri et Clauzel Denis: Histoire des
provinces françaises du Nord, 2. Des principautés à l'empire de
Charles Quint (900-1519), Westhoek-Editions Éditions des Beffrois,
1989; ISBN
2-87789-004-X
- Dumont Georges-Henri: Histoire de la Belgique,
Histoire/le cri, Bruxelles 1977, ISBN
2-87106-182-3
- Lestocquoy Jean, Histoire de la Flandre et de
l'Artois, Presses universitaires de France, Paris 1949
- Douxchamps Cécile et José: Nos dynastes médiévaux,
Wepion-Namur 1996, José Douxchamps, éditeur; ISBN
29600078-1-6
- De Cant Geneviève: Jeanne et Marguerite de Constantinople,
Éditions Racine, Bruxelles, 1995; ISBN
2-87386-044-8
- Carson, Patricia: Miroir de la Flandre, Éditions
Lannoo, Tielt, 1973 révision 1991; ISBN
90 209 2714 0
- Geirnaert Noël et Vandamme Ludo: Bruges: two
thousands years of history, Stichting Kunstboek bvba, Bruges,
1996; ISBN
90-74377-46-7
- « Comté de Flandre », dans Marie-Nicolas
Bouillet et Alexis
Chassang (dir.), Dictionnaire universel d'histoire et de
géographie, 1878 [détail
édition](Wikisource)
Liens
externes
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Comt%C3%A9_de_Flandre
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