Secret d'ateliers : Comment naissent les Géants ?
De l'idée à la fabrication, cliquez ici pour en savoir plus !!!!

Il n’y a pas de géant sans fête, sans événement, sans cela on ne voit pas le géant.

La fête est liée intrinsèquement au géant. Le géant est la fête, le géant est le représentant de la cité. Il est l ‘ambassadeur de la cité, le détenteur des clefs de la cité. Celui qui anime les festivités, qui gère les moments importants de la cité. Dès que ce dernier apparaît la vie s’anime de mille feux, mais plus encore, car il ne peut vivre sans les gens, sans la musique, sans la fanfare. Il est l’objet d’attention particulière, son rôle est important. Nombres de candidats aux élections municipales, recherchent sa compagnie au travers d’une photo car pour eux, il symbolise la ville, la cité. Etre avec lui cela veut dire être dans la cité, être pour la cité, être en un mot le digne représentant des citoyens.

Un exemple qui souligne bien notre propos, est celui de GAYANT .

Les douaisiens se représentent au travers de leur géant GAYANT. Le langage quotidien ne dit-il pas, en parlant des habitants de Douai, les enfants de gayant ou les ‘’vintres d’osier’’. Une fête annuelle réunie les douaisiens autour de leurs géants depuis plus de 50 ans. Il n’ai pas surprenant de voir un grand père de parler à son petit fils de cette tradition. Une sorte de transmission de flambeau où les générations se retrouvent autour de la fête, de la vie afin que se perpétue l’héritage de ceux qui nous ont précédé. Les géants cimentent une communauté, autour d’une cité. Eloigné, l’individu se lie à son géant, s’enracine à sa cité. Il est et restera de cette cité à jamais. A l’extérieur, le géant est le représentant, l’ambassadeur de la cité dont il est originaire.

Certains géants ont représenté le monde ouvrier notamment les géants miniers ou le monde de l’éducation nationale par exemple RAOUL de GODEWAERSVERLDE.


photo Les Amis des Géants de Lille

Ils peuvent être le représentant d’une cause mais avant tout, ils sont là pour donner la joie, le bonheur, la fête et la gaieté dans les cœurs des citoyens. Ils donnent de la couleur à la cité, ils sont un repère dans la vie de la cité, à la vie collective.
La vérité historique et la légende sont intimement liées dans la naissance d’un géant. Dans notre région, ils sont les catalyseurs de la culture flamande.

On peut découvrir que le géant n’a pas de frontière. Lors de concentrations de géants, nous devrions plutôt dire lors de rondes de géants, ou si nous sommes en Espagne , lors de trobadas où plus de 600 géants se sont rassemblés provenant de pays aussi surprenant que le japon. Les géants en dehors du japon, venaient d’Espagne, du Mexique, d’Allemagne, de Belgique , du Portugal, des pays bas et de France bien entendu. Il serait intéressant d’étudier l’origine de ces traditions pour connaître l’arrivée de ces molosses d’osier dans notre histoire quotidienne. Les plus anciennes preuves de leur existence apparaissent au XVIème s. mais il est bien évident que la vie des géants dans nos cités est bien plus antérieur aux documents municipaux retrouvés au XVIème s.

Quel peut être l’origine des géants ?
Certains penchent sur l’événement religieux, pour exemple les Goliath qui ont foisonné dans toute la flandre et qui subsistent çà et là, d’autres se tournent vers les corporations de manelier ou de mandolier qui pour montrer leur savoir faire et leur dextérité dans leur métier confectionnaient des personnages en osier de grand stature pour investir la rue et prendre possession de leur environnement et ainsi asseoir leur profession. Autour de ces géants naît ainsi la convivialité, la fête et la solidarité des habitants. La rue est des lors la possession des gens.

*********

Mais pour élaborer un géant que faut-il faire, comment doit-on s’y prendre ? ? ? ? ?

Un géant s’élabore tout d’abord par la recherche de documents historiques si le personnage a vécu dans la cité ou alors de données caractéristiques au personnage de légende qui sera représenté.

Les dessins et les croquis sont alors élaborés. Différentes phases sont alors nécessaires pour obtenir l’image définitive du géant souhaité (son visage, ses habits, les objets qui vont l’accompagner, l’armure etc). Il sera peut-être un guerrier, un animal, un personnage féminin, un homme de métier, un personnage de l’imaginaire enfantin, mais en tout état de cause, il faudra de longues heures pour obtenir le géant désiré.

Une maquette sera alors construite pour déterminer les dimensions et donner une vue d’ensemble du géant.

La tête retiendra dans un premier temps l’attention du créateur qui confectionnera un moule en terre glaise. Une fois cette dernière sèche, un revêtement d’élastomère ou de plâtre viendra épouser ce moule. On obtient son empreinte qui est en fait, le négatif du visage. Il suffit dès lors de remplir ce moule, de papier carton collé, de polyester ou de plâtre pour réaliser la tête semblable à l’original. L’art de la peinture et le savoir-faire de l’artisan viendra rendre à la tête de notre géant, une expression réaliste et vivante.

Dans un second temps, l’artisan se penchera sur le travail très délicat de l’osier. Une structure de bois qui soutient l’osier sera construit. L’osier sera reliée par des fibres de rotin. L’osier est un matériau très facile à travailler, très léger et malléable, qui peut prendre les formes que l’on souhaite. Sa flexibilité, sa souplesse permettent de réaliser des formes extravagantes et peuvent donner libre court à l’imagination.
Durant la confection du corps en osier, il faudra penser à l’élément de portage. Les supports devront être adapter à tous les gabarits de porteurs, au nombre de ceux-ci etc……
Les vêtements devront être confectionnés et adaptés pour un retrait rapide pour le nettoyage, la couture, la réparation de la structure d’osier. Les pressions et les straches seront utilisés.

Lors des défilés, il faudra compter avec la météo, car le vêtement mouillé de notre géant est plus lourd donc la stabilité du géant se voit différente. Le vent n’est pas non plus un allié, il faudra composer avec lui. Très souvent, il varie d’une rue à l’autre. La stabilité de l’ensemble doit prendre en compte ces éléments météorologiques. Reste le parcours qui est jonché d’obstacles à maîtriser : ligne du téléphone, ligne électrique, panneaux, feux tricolore et autres gâteries qui sont là pour enrayer la bonne marche de notre géant. Mais reste la fête, soyez interactifs avec la foule, nous sommes là pour rire et nous amuser.

Avant tout se sont les associations qui font vivre les géants, ces bénévoles sont des citoyens désireux d’entretenir le patrimoine de leur ville, certains agissent dans un but philanthropique et d’autres ont des ambitions caritatives en aidant par exemple les personnes en détresse mais tous ont la volonté d’animer leur cité par la fête. Ils sont le ciment fraternel, convivial, généreux, amical et citoyen que tout habitant d’une cité devrait posséder. Leur action permet d’entretenir la communication entre les générations et entre les villes.

Il y a, il faut le noter plus de 300 géants dans le Nord/Pas de calais et plus de 1500 géants en Belgique, alors n’hésitez pas, faites naître un géant dans votre commune et comme dit le dicton : ‘’ plus on est de fous plus on rit ‘’ et vive la fête ! ! ! !

 

         

Haut