Il n’y a pas de géant
sans fête, sans événement, sans cela on ne voit
pas le géant.
La fête est liée intrinsèquement
au géant. Le géant est la fête, le géant
est le représentant de la cité. Il est l ‘ambassadeur
de la cité, le détenteur des clefs de la cité.
Celui qui anime les festivités, qui gère les moments
importants de la cité. Dès que ce dernier apparaît
la vie s’anime de mille feux, mais plus encore, car il ne peut
vivre sans les gens, sans la musique, sans la fanfare. Il est l’objet
d’attention particulière, son rôle est important.
Nombres de candidats aux élections municipales, recherchent
sa compagnie au travers d’une photo car pour eux, il symbolise
la ville, la cité. Etre avec lui cela veut dire être
dans la cité, être pour la cité, être en
un mot le digne représentant des citoyens.
Un exemple qui souligne bien
notre propos, est celui de GAYANT .
Les douaisiens se représentent
au travers de leur géant GAYANT. Le langage quotidien ne dit-il
pas, en parlant des habitants de Douai, les enfants de gayant ou les
‘’vintres d’osier’’. Une fête
annuelle réunie les douaisiens autour de leurs géants
depuis plus de 50 ans. Il n’ai pas surprenant de voir un grand
père de parler à son petit fils de cette tradition.
Une sorte de transmission de flambeau où les générations
se retrouvent autour de la fête, de la vie afin que se perpétue
l’héritage de ceux qui nous ont précédé.
Les géants cimentent une communauté, autour d’une
cité. Eloigné, l’individu se lie à son
géant, s’enracine à sa cité. Il est et
restera de cette cité à jamais. A l’extérieur,
le géant est le représentant, l’ambassadeur de
la cité dont il est originaire.

Certains géants ont représenté
le monde ouvrier notamment les géants miniers ou le monde de
l’éducation nationale par exemple RAOUL de GODEWAERSVERLDE.
photo Les Amis des Géants de Lille
Ils peuvent être le représentant
d’une cause mais avant tout, ils sont là pour donner
la joie, le bonheur, la fête et la gaieté dans les cœurs
des citoyens. Ils donnent de la couleur à la cité, ils
sont un repère dans la vie de la cité, à la vie
collective.
La vérité historique et la légende sont intimement
liées dans la naissance d’un géant. Dans notre
région, ils sont les catalyseurs de la culture flamande.
On peut découvrir que le géant
n’a pas de frontière. Lors de concentrations de géants,
nous devrions plutôt dire lors de rondes de géants, ou
si nous sommes en Espagne , lors de trobadas où plus de 600
géants se sont rassemblés provenant de pays aussi surprenant
que le japon. Les géants en dehors du japon, venaient d’Espagne,
du Mexique, d’Allemagne, de Belgique , du Portugal, des pays
bas et de France bien entendu. Il serait intéressant d’étudier
l’origine de ces traditions pour connaître l’arrivée
de ces molosses d’osier dans notre histoire quotidienne. Les
plus anciennes preuves de leur existence apparaissent au XVIème
s. mais il est bien évident que la vie des géants dans
nos cités est bien plus antérieur aux documents municipaux
retrouvés au XVIème s.
Quel peut être l’origine
des géants ?
Certains penchent sur l’événement religieux, pour
exemple les Goliath qui ont foisonné dans toute la flandre
et qui subsistent çà et là, d’autres se
tournent vers les corporations de manelier ou de mandolier qui pour
montrer leur savoir faire et leur dextérité dans leur
métier confectionnaient des personnages en osier de grand stature
pour investir la rue et prendre possession de leur environnement et
ainsi asseoir leur profession. Autour de ces géants naît
ainsi la convivialité, la fête et la solidarité
des habitants. La rue est des lors la possession des gens.
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Mais
pour élaborer un géant que faut-il faire, comment doit-on
s’y prendre ? ? ? ? ?
Un géant s’élabore tout d’abord par la
recherche de documents historiques si le personnage a vécu
dans la cité ou alors de données caractéristiques
au personnage de légende qui sera représenté.
Les dessins et les croquis sont alors élaborés.
Différentes phases sont alors nécessaires pour obtenir
l’image définitive du géant souhaité
(son visage, ses habits, les objets qui vont l’accompagner,
l’armure etc). Il sera peut-être un guerrier, un animal,
un personnage féminin, un homme de métier, un personnage
de l’imaginaire enfantin, mais en tout état de cause,
il faudra de longues heures pour obtenir le géant désiré.
Une maquette sera alors construite pour déterminer les dimensions
et donner une vue d’ensemble du géant.
La tête retiendra dans un premier
temps l’attention du créateur qui confectionnera un moule
en terre glaise. Une fois cette dernière sèche, un revêtement
d’élastomère ou de plâtre viendra épouser
ce moule. On obtient son empreinte qui est en fait, le négatif
du visage. Il suffit dès lors de remplir ce moule, de papier
carton collé, de polyester ou de plâtre pour réaliser
la tête semblable à l’original. L’art de
la peinture et le savoir-faire de l’artisan viendra rendre à
la tête de notre géant, une expression réaliste
et vivante.
Dans un second temps, l’artisan
se penchera sur le travail très délicat de l’osier.
Une structure de bois qui soutient l’osier sera construit. L’osier
sera reliée par des fibres de rotin. L’osier est un matériau
très facile à travailler, très léger et
malléable, qui peut prendre les formes que l’on souhaite.
Sa flexibilité, sa souplesse permettent de réaliser
des formes extravagantes et peuvent donner libre court à l’imagination.
Durant la confection du corps en osier, il faudra penser à
l’élément de portage. Les supports devront être
adapter à tous les gabarits de porteurs, au nombre de ceux-ci
etc……
Les vêtements devront être confectionnés et adaptés
pour un retrait rapide pour le nettoyage, la couture, la réparation
de la structure d’osier. Les pressions et les straches seront
utilisés.
Lors des défilés, il
faudra compter avec la météo, car le vêtement
mouillé de notre géant est plus lourd donc la stabilité
du géant se voit différente. Le vent n’est pas
non plus un allié, il faudra composer avec lui. Très
souvent, il varie d’une rue à l’autre. La stabilité
de l’ensemble doit prendre en compte ces éléments
météorologiques. Reste le parcours qui est jonché
d’obstacles à maîtriser : ligne du téléphone,
ligne électrique, panneaux, feux tricolore et autres gâteries
qui sont là pour enrayer la bonne marche de notre géant.
Mais reste la fête, soyez interactifs avec la foule, nous sommes
là pour rire et nous amuser.
Avant tout se sont les associations
qui font vivre les géants, ces bénévoles sont
des citoyens désireux d’entretenir le patrimoine de leur
ville, certains agissent dans un but philanthropique et d’autres
ont des ambitions caritatives en aidant par exemple les personnes
en détresse mais tous ont la volonté d’animer
leur cité par la fête. Ils sont le ciment fraternel,
convivial, généreux, amical et citoyen que tout habitant
d’une cité devrait posséder. Leur action permet
d’entretenir la communication entre les générations
et entre les villes.
Il y a, il faut le noter plus de 300
géants dans le Nord/Pas de calais et plus de 1500 géants
en Belgique, alors n’hésitez pas, faites naître
un géant dans votre commune et comme dit le dicton : ‘’
plus on est de fous plus on rit ‘’ et vive la fête
! ! ! !