une particularité seclinoise qui se veut unique en FRANCE

HISTOIRE D’UN MONUMENT UNIQUE
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En empruntant la nationale N° 25, SECLIN, la capitale du Mélantois, offre aux visiteurs, aux touristes ou aux simples flâneurs qui se promènent la possibilité de découvrir, outre sa Collégiale saint Piat, classée monument historique, un certain nombre de curiosités architecturales, culturelles au milieu de la verdure de ses parcs.

Le flâneur, le touriste ou le curieux découvrent alors près de la Collégiale à côté des monuments érigés à la mémoire de ceux qui ont sont morts en temps de guerre (14-18, 39-45 et autres), un monument unique en France élevé à la mémoire des Victimes du Travail.

Voici son histoire………

                                     Tout commence vers les années 1970


Durant ces années là, dans la ville de Seclin, agissait une section locale des mutilés du travail (créée en 1929 par A. SCHRYVER). Les anciens se souviendront des Emile, Jean-Marie, François, Pierre, Marcel, Victor et beaucoup d’autres….. la liste est longue et même de Sœur Georgette, qui faisait partie de l’équipe locale.

La section représentait environ 900 adhérents.

A cette époque, on entendait à la radio Yves Montant qui évoquait dans sa chanson ‘’le chat de la voisine’’ le drame de l’ouvrier qui pleure la perte de ses doigts morts au champ du labeur.

……… dans l’équipe de Seclin, outre des doigts perdus au travail, il y avait des mains, des jambes et des bras, car, dans cette assemblée de militants, rares étaient ceux qui n’étaient pas meurtris dans leur chair.
Chaque année, au 1er mai, il y avait le défilé avec le dépôt de gerbes aux monuments ; or le 1er mai, c’est la fête du travail. Dans l’équipe des mutilés de Seclin se fit corps, l’idée qu’un monument dédié aux victimes du travail serait plus approprié.

L’idée était là, mais comme toutes les idées nouvelles, il fallait trouver le symbole fédérateur qui marque les esprits et qui représente le plus justement les victimes du travail.

Il y eut des réunions, des débats et la confrontation des idées au sein des bénévoles qui constituaient l’équipe de Seclin. L’idée faisait son chemin mais tout cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Jean-Marie VANDRIESSCHE suggéra une piste de travail qui donna satisfaction à la majorité des militants :
‘’pourquoi ne pas s’inspirer de la fable de ‘’l’aveugle et du paralytique’’ (fable de Florian) ? !’’

Il rappela que sur les insignes, les cartes et les bannières des mutilés du travail figurait déjà la représentation de cette fable de ‘’l’aveugle et le paralytique’’ sous forme d’un logo.
Le projet d’une statut fût adoptée par un vote majoritaire lors d’une assemblée générale.

Mais restait le principal : ‘’le financement’’….

S’inspirant de ce qui avait été fait par Jude BLANCKAERT, en 1953, pour l’acquisition du siège départemental de Lille sis boulevard Louis XIV : une souscription, la valeur d’une brique par adhérent.
La section de Seclin lança donc, une souscription auprès de ses membres locaux. Il fallut se rendre à l’évidence les sommes récoltées n’étaient pas suffisantes, il fallait agrandir le cercle des souscripteurs. Une opération d’envergure fut entreprise auprès des commerçants, des artisans de la commune et des environs ( les municipalités des cantons de Seclin – Cysoing – Pont à Marcq).
On pourrait parler des tombolas, des repas de bienfaisance, des cartons avec loterie, des dons, tout était bon pour recueillir la somme budgétisée ; mais tout ceci n’était que secondaire à côté de l’unité des hommes et femmes de la section, de la franche camaraderie qui régnait, de la disponibilité de chacun et de l’enthousiasme voire la naïveté qui pourrait étonner plus d’un, aujourd’hui, pour s’investir dans ce projet. Tous ces efforts tendaient vers un seul but : récolter la somme nécessaire pour que le projet devienne une réalité.

L’idée avait pris corps, elle avançait et se concrétisait peu à peu chaque jour. Cette idée était de montrer que les travailleurs meurtris, mutilés et quelques fois humiliés pouvaient créer et porter un projet à son terme. Jour après jour, mois après mois, ces ‘’éclopés’’ du travail réalisaient un événement unique. Non seulement, les membres de la section étaient capables d’aider leurs semblables dans le besoin, sans distinction de race, de religion ou d’idéologie politique mais ils pouvaient élaborer un projet et élever un monument unique en France.

Un monument à l’honneur des victimes du Travail.

La devise inscrite sur le monument fit l’unanimité : L’UNION FAIT LA FORCE

‘’L’union fait la force’’ est le reflet exact de l’état d’esprit qui habitait les membres de la section de Seclin.

Puis vint le moment des prises de contact avec les marbriers et les sculpteurs. Les discussions sur les devis, les calculs du budget et les moyens à employer pour y parvenir.
Enfin, après avoir surmonté les problèmes de tout ordre, la décision de passer à l’action fût prise.

La municipalité dirigée à l’époque par Monsieur Adolphe DUTOIT (mutilé du travail, lui aussi) mit à la disposition de la section de Seclin, le terrain près du monument aux morts des guerres 14/18 et 39/45.

Les fondations et le socle furent l’œuvre des membres du bureau qui, après leur travail, ont donné de leur temps pour couler le béton des fondations du futur monument. Le symbolisme de la devise  se retrouvant dans le travail effacé de nos compagnons dans l’édification de ce monument : tous unis ! ! ! !

Le support pyramidal en granit est d’une seule pièce, il pèse 2,5 tonnes et c’est Monsieur DELANGRE, marbrier à Hellemmes qui s’est chargé de la réalisation et de la pose.

La sculpture représentant ‘’l’aveugle et le paralytique’’ fut l’œuvre de deux jeunes étudiants des ‘’beaux arts’’ de Lille. Messieurs WAREN et GERARD qui ont unis toute la fougue de leur jeunesse pour la réaliser. Le projet devenait réalité !

Le 13 juin 1975, en présence de nombreuses personnalités dont :

  • Le Préfet du Nord, Monsieur Gustave ANSART et de
  • Monsieur Pierre MAUROY
  • Monsieur Marceau LAURENT
  • Monsieur Hector VIRON
  • Monsieur Jacques CHENU, etc…..

était inauguré le monument élevé à la mémoire des victimes tombées au champ d’honneur du travail.

Aujourd’hui, 30 ans après, la ville de Seclin est une des seules en France à posséder un tel édifice.
Depuis ce 13 juin, chaque année au 1er mai, après un défilé, la section dépose une gerbe devant le monument érigé à la mémoire des victimes du travail mais aussi à celle des mutilés militants disparus.

De cette période, il reste encore quelques anciens qui ont conservé la volonté d’aider leur prochain : les victimes du travail, de la route, les ayant-droits des victimes (mutilés, veuves, orphelins, ascendants, les handicapés, les invalides, etc…).

Le temps passant, l’environnement changeant, il fallait redéfinir et affiner l’action de notre section…..

Ce sont maintenant des hommes, des femmes aux tempes grisonnantes qui, avec une équipe de jeunes, ont créé l ’A.A.D.V.A.H. (Association Aide à la Défense aux Victimes Accidentés et Handicapées du Nord) afin de poursuivre l’action et de transmettre ce que nous ont laissé nos anciens et que la devise ‘’l ’UNION FAIT LA FORCE’’ puisse servir à aider ceux qui en ont le plus besoin.

Passants, vous qui découvrez ou redécouvrez ce monument, symbole de l’espoir, ayez une pensée pour tous ceux que la vie, avec ses problèmes, n’a pas épargné. Regardez le bras du paralytique tendu vers la lumière que le porteur aveugle ne verra jamais. Ensemble, ils peuvent trouver le chemin de l’espoir et la solidarité.

Ce monument restera à tout jamais un hommage à ceux tombés au champ d’honneur du travail et à ceux, à jamais, meurtris dans leur chair.

Ce monument se veut rappeler la fable ‘’ l’Aveugle et le Paralytique’’ : ……

‘’hélas dit le perclus, vous ignorez mon frère, que je ne puis faire un seul pas, à quoi nous servirait d’unir notre misère.
A nous deux, nous possédons le bien à chacun nécessaire, j’ai des jambes et vous des yeux.
Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés, mes jambes, à leur tour, iront où vous voulez.
Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi’’ ……

Cela se termine en rappelant que le valide d’aujourd’hui, peut être l’invalide de demain.

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