| QU'EST-CE
QUE LA MUSIQUE MEDIEVALE ?
Cultivons les racines de notre avenir
Venue de tous les temps, la musique n’a
pas d’âge. Venue d’un autre âge, la musique
médiévale nous raconte une histoire, elle nous parle,
elle nous dit d’où l’on vient, qui l’on est,
elle précise nos racines, elle affine notre sensibilité,
elle éveille notre spiritualité. Elle s’inscrit
au cœur de la culture universelle.

Basse danse à la cour de Bourgogne
MUSIQUE MEDIEVALE
| Il ne reste que peu de traces de la
musique pratiquée avant le Xème siècle. Seules
une longue tradition religieuse et ses influences méditerranéennes
permettent de suivre l’art du chant. En Suisse, à Saint
Gall, en l’an 900 le premier manuscrit révèle
un chant écrit en ‘’neumes’’. C’est
la grande période du chant grégorien. |
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De la musique profane, il faut attendre la fin du XIème
siècle pour qu’apparaisse le premier troubadour :
Guilhem IX d’Aquitaine et durant deux siècles
350 troubadours ont chanté : Dieu, la Vierge, la guerre,
les fêtes et l’amour….
Ces troubadours demeuraient dans le pays d’Oc (sud
de la France) – Quelques 600 trouvères colportent, dans
le pays d’Oïl (nord de la France), aussi l’art de la
poésie et de la chanson (cansos).
Les mélodies sont monodiques pouvant être
accompagnées par un instrument – parfois soutenues par
un chant à la quinte. Fréquemment les TROUVEURS
(troubadours – trouvères) confiaient aux jongleurs et ménestrels
le soin d’interpréter leurs créations.
Parallèlement à l’art du trouveur
et puisant ses racines dans la musique Grégorienne, s’élabore
une musique plus savante d’inspiration religieuse. Autour de ces
mélodies, un ou plusieurs contre-chants donnent naissance à
une véritable polyphonie (Ars Nova).

D’une étonnante modernité,
la musique médiévale est porteuse d’images
fortes où le rêve, la féerie, la conquête,
la réalisation d’un patrimoine foncier fabuleux, envié
de part le monde, renforcent la pérennité des valeurs
humaines révélées par le désir des connaissances,
l’Amour courtois, la soif de vérité. En somme elle
incarne les valeurs fondamentales de l’Homme contemporain à
la recherche de la communication, de la création.
La musique médiévale est
issue du brassage des cultures essentiellement amenées par la
civilisation Indo-Arabe et progressivement intégrées à
la civilisation Judéo-Chrétienne.
La musique médiévale porte
les signes de capacité d’intégration des cultures
modernes à la pérennité du langage médiévale
tant recherché de nos contemporains.
Les instruments
De nos jours, la reconstitution des instruments d’époque
se fie aux documents conservés dans les bibliothèques,
les églises et les monuments non religieux. Sur de nombreux manuscrits
d’étonnantes enluminures représentent des personnages
jouant d’un instrument. De même dans les églises,
les châteaux, une considérable statuaire donne à
découvrir des instruments que les sculpteurs figeaient dans la
pierre. D’autres sources permettent d’inventorier l’instrumentarium
médiéval : peintures, parchemins, papier, bois, gravures,
tapisseries, vitraux…
| VIELLE A ROUE. Appelé ORGANISTRUM
puis CHIFONIE, c’est la fin du IXème
siècle que l’instrument soutient le chant des chantres
de l’église. Sa caisse de résonance est équipée
d’une roue actionnée par une manivelle. Autour de cette
roue (archet circulaire), des cordes chantent lorsque celles-ci
touchent la roue en mouvement. Un clavier intervient sur les cordes
chanterelles et permet de jouer une mélodie tandis que d’autres
cordes libres donnent un ou plusieurs sons continus (bourdons).
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LUTH. Connu dans les pays arabes
et orientaux sous le nom de OUD ou AOUD
(al oud = le bois), en Europe il devient un instrument très
pratiqué au Moyen-âge. Une caisse de résonance
équipée d’un manche (touche) reçoit généralement
onze cordes (cinq chœurs et une simple). Il ne peut jouer que
des mélodies. A la renaissance, le manche équipé
de frettes, le luth pourra, en plus de la mélodie, jouer
un accompagnement. |
| GUITERNE ou CITOLE
plus tard VIHUELA. C’est l’ancêtre
de la guitare. Venue d’orient, la guiterne est représentée
dans les enluminures dès le XIIème siècle.
Généralement montée de cinq cordes (ou cinq
doubles cordes), son manche est court et muni de frettes. Elle peut
être jouée avec un plectre (lamelle de bois, d’ivoire,
d’écaille, etc…, qui sert à toucher les
cordes de certains instruments de musique). |
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FLUTES A BEC. Au Moyen-âge
les flûtes sont généralement construites en
bambou. Elles peuvent être de tailles très différentes.
D’une extrême légèreté, elles peuvent
s’adapter à tous les répertoires. |
| GABOULET. Plus fin que la flûte
à bec, le gaboulet est percé de trois trous. Les sons
émis sont obtenus par la combinaison du doigté et
de la pression de l’air agissant sur les harmoniques (sons
produits par la résonance naturelle). |
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PSALTERIONS. C’est en Perse
vers le VIIème siècle avant J.C. que l’on fait
remonter l’origine de l’instrument. Les formes et les
styles de jeu sont multiples. Des cordes (de boyaux, de soie ou
de métal) tendues sur une caisse de résonance peuvent
être pincées, frappées ou frottées avec
un archet. |
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REBEC. Comme le luth, il nous vient
des pays d’orient (Rebab). Taillé dans un bloc de bois,
recouvert d’une fine table, généralement il
reçoit deux à trois cordes. Joué avec un archet
il est très utilisé pour la musique de danse. |
| VIELE D’ARCHET. Elle dérive
du CROUTH. C’est l’ancêtre le
plus direct du violon. Née au XIème siècle,
dès le XIIIème siècle les vièles à
arc deviennent les instruments artistiques par excellence. Les pièces
de bois qui constituent l’instrument sont assemblées
et collées ou creusées. Equipée de quatre ou
cinq cordes accordées en quinte. Le musicien joue un bourdon
sur une corde en même temps que la mélodie sur une
autre corde. |
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CHALEMIES ou XEREMIA.
Une anche double surmonte un corps semblable à celui des
flûtes. La chalemie (du latin : calamus) est connue sous
d’autres noms : raïta, zurla, sona, piffaro,
bombarde… Cet instrument est joué dans les
musiques de plein air. Après de nombreuses modifications,
il deviendra le HAUTBOIS. |
| HAUTBOIS DU POITOU
ou RAUSCHPFEILE. Le ‘’haut - bois’’
du Poitou est représenté sur les enluminures dès
le XIIème siècle. Une anche double cachée dans
une capsule surmonte un corps instrumental conique. Comme la chalemie,
cet instrument remonte à la plus haute antiquité (Egypte
2000 ans avant J.C.). |
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CROMORNE ou TOURNEBOUT.
C’est à la fin du Moyen–âge que cet instrument,
issu de la famille des chalemies, se répand. L’anche
double, protégée dans une capsule, ne permet pas à
l’instrumentaliste de toucher celle-ci des lèvres.
Il existe en famille : soprano, alto, ténor, basse. |
| CORNEMUSE. Comme la
chalemie, la cornemuse est équipée d’anches
doubles. Comportant une réserve d’air contenue dans
un sac gonflé par l’instrumentiste, sous l’effet
de la pression constante du bras, de ce sac, l’air se répand
dans le hautbois qui donne la mélodie ainsi que dans les
autres chalumeaux qui donnent les bourdons. Elle est connue en Europe
depuis la fin du IXème siècle. |
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HARPE. Au Moyen-âge,
facilement transportable, la harpe est très utilisée
puis tend à s’éclipser au début de la
renaissance pour renaître à la fin du XVIIIème
siècle. Le nombre de cordes tendues du chevillier à
la colonne, faisant caisse de résonance est très variable
au cours des siècles. |
| ORGUE. On trouve trace
de l’orgue dès le IIIème siècle avant
J.C. Au Moyen-âge les orgues sont de petite taille surmontées
de tuyaux de bois ou d’alliages variés. L’alimentation
de l’air est assurée par un soufflet souvent attenant
au petit orgue. Ce soufflet pouvant être actionné d’une
main par le musicien ou par une autre personne. |
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PERCUSSIONS. On désigne
par ‘’percussions’’ l’ensemble des
instruments à sons frappés chargés de souligner
le rythme d’un chant ou d’une danse. Ces instruments
se mettent en vibration soit avec les doigts, la main ou les baguettes.
De toutes formes, on les construit en des matériaux très
divers : bois, peau, métal. |
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