LA COLLEGIALE SAINT PIAT - LA CRYPTE


Abritant le tombeau saint PIAT, la crypte de la collégiale reste une des curiosités architecturales de notre région. Son origine est obscure. Pour essayer de comprendre sa présence sous l’actuelle collégiale, il faut remonter quelque peu le cours de l’histoire.

Nous sommes au VIIème siècle après J.C., vers les années 640. DAGOBERT 1er vient de mourir. ELOI, son fidèle '' conseiller '' est élevé à la tête du double évêché de NOYON-TOURNAI. Il décide, de parcourir le territoire dont il a la charge et de rétablir l'ordre au sein de la population peu docile de cette vaste région.





Les divers récits de la vie de saint ELOI indiquent qu’après la découverte des reliques de saint QUENTIN au sein de la ville du même nom, il se rend à Seclin. Il y met au jour les restes de saint PIAT. Ces reliques furent mises à l’abri dans un reliquaire que le saint patron des orfèvres forgea de ses mains. Un premier édifice aurait été élevé, dès cette époque, pour abriter le reliquaire et l’offrir à la contemplation des pèlerins.

Plusieurs études démontrent que la crypte actuelle a été construite au XIIIème siècle à l’emplacement présumé de l’église primitive. C’est de cette époque que datent le sarcophage et la pierre du tombeau de saint PIAT. Deux orientations différentes dans l’alignement des murs de la crypte témoignent de nombreuses transformations, effectuées en raison du nombre et de la circulation des pèlerins autour du sarcophage et du puits de saint PIAT ( profondeur : 11,50m) dont l’eau était sensée soulager bien des maux. Près de l’autel aménagé en 1763, une niche protège un double bassin liturgique en pierre de Tournai. Jusqu’au début du XIIIème siècle, le contenu du calice était versé dans cette double ‘’ piscine ‘’ par respect pour les saintes espèces.

Les pèlerinages autour des reliques et du puits garantirent, non seulement la renommée, mais également la prospérité économique de la ville durant tout le Moyen Age.

Seclin (Nord), Lame funéraire de Saint- Piat (vers 1250-1260) :
La lame funéraire, conservée dans le transept de la collégiale, figure saint Piat dans une représentation hiératique et frontale, comme il est de règle dans ce type de monument gravé plus commémoratif que funéraire. Il est vêtu des ornements sacerdotaux dont les orfrois, le manipule et le bas de l’aube décorés de motifs géométriques, évoquent une ornementation brodée, rehaussée de perles et pierreries. Le sommet de la tête tranchée figure clairement la décapitation. Le saint tient entre les mains sa calotte crânienne tonsurée. La main bénissante de Dieu apparaît au dessus de la tête. L’ensemble figure au centre d’une composition architecturale entre deux colonnes à bases moulurées et à chapiteaux à crochets supportant une arcade trilobée, surmontée d’un fleuron en fleur de lys. De part et d’autre, la représentation schématique et symétrique d’un édifice avec une tour détachée de la nef pourrait figurer la collégiale au XIIIème siècle. Cette lame est datée vers 1250 – 1260. Elle provient des ateliers tournaisiens déjà actifs avant le XIIIème siècle. La rareté des œuvres conservées empêche toutes comparaisons. Des rapprochements peuvent être effectués avec des représentations connues dans le bassin parisien. L’ensemble de ces caractéristiques font de la lame de Saint – Piat l’une des rares œuvres représentatives des courants artistiques du XIIIème siècle dans le Nord de la France. Cliché : Stéphane REVILLON

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