SECLIN, CAPITALE DU MELANTOIS

Ancienne capitale du MELANTOIS, Seclin se trouve au sud de la communauté urbaine de Lille, à laquelle elle est rattachée. A proximité des grands axes de communication, du canal de la Deule et de l’aéroport de Lesquin, cette ville fleurie de près de 13000 habitants est un centre industriel en pleine expansion, spécialisé dans l’aéronautique, la chimie et l’alimentaire. Une distillerie y produit de la mandarine impériale. Dans le cadre de cette distillerie, une visite du musée consacré à Napoléon Bonaparte ainsi qu’une visite guidée des locaux vous est grandement conseillé.


Où se situe Seclin

Des vestiges paléolithiques et gallo-romains attestent une présence ancienne sur ce territoire, où saint Eloi, évêque de Noyon et de Tournai, découvrit la sépulture de saint Piat. Evangélisateur du Tournaisis, au IIIe siècle, dont la légende raconte qu’il marcha jusqu’à Seclin après avoir été décapité, la tête sous son bras. Le conseiller de Dagobert Ier lui éleva un mausolée en 650 et les reliques du saint devinrent bientôt objets de culte et de pèlerinage. Au XIe siècle, un chapitre de chanoines y est fondé, qui disparaîtra à la Révolution, autour duquel se développera le bourg. Dès le XIIIe siècle, est édifiée une collégiale gothique qui sera remaniée dans le temps (voir le chapitre ‘’Cathédrales : la contagion ogivale’’ dans la rubrique ‘’Suivez le guide….’’). Appelé également la cathédrale du Mélantois, cet édifice abrite une salle capitulaire des XIVe – XVe siècles et, sous le chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes, une crypte préromane où se trouve le tombeau du saint, sarcophage le plus ancien ‘’de la Gaule belge’’, recouvert par une dalle funéraire du XIIe siècle. Son imposant clocher de 1531, reconstruit en 1927, est doté d’un carillon de 42 cloches, l’un des meilleurs d’Europe.

Tout d’abord rattachée au domaine royal, Seclin passa sous domination des comtes de Flandre au XIe siècle et subit pillages et incendies, notamment en 1214 sur ordre de Philippe Auguste et en 1297 et 1304 de Philippe le Bel (lire le livre de Gérard HUGO ‘’La bataille de Mons en Pévèle, le 18 août 1304’’). Les deux dernières guerres causèrent d’importants dommages à cette cité historique, mais épargnèrent relativement les deux joyaux de son patrimoine.

Fondé en 1246 par la comtesse de Flandre, Marguerite de Constantinople, devenue géante de la ville au côté de Guillaume de Dampierre, son second époux et d’Harangus, Géant - poisson, et reconstruit en grande partie au XVIIe siècle dans le style baroque flamand, l’hôpital Notre - Dame est situé à l’extérieur de la ville. Il offre un aperçu très intéressant de l’évolution de l’architecture hospitalière depuis le XIIIe siècle. La cour, la façade à pas de moineau de la salle des malades que prolonge la chapelle du XVIe siècle.

LA CHATELLENIE DE LILLE

Le système féodal, fondé sur la possession du sol, divise le comté de Flandre en circonscriptions territoriales, succédant généralement d'anciennes vicairies civiles et concordant avec les décanats ecclésiastiques. Aux Xème et XIème siècles, les châtellenies sont créées. Celle de Lille a pour chef-lieu le château ou Salle de Lille, siège de la cour féodale du comte considéré comme seigneur particulier de la ville et du pays qui l’environne. Un châtelain y est constitué qui tient en fief de la Salle de Lille en état, titre et office avec les terres, rentes et droits y affectés. La circonscription sur laquelle cet officier, l’un des plus grands seigneurs de la contrée, étend son autorité suzeraine, comprend à peu de choses près ce qui forme aujourd’hui l’arrondissement de Lille, c’est-à-dire le cadre où se renferme cette première partie de la Statistique féodale du département du Nord.

La châtellenie de Lille, mentionnée en 1039, se subdivisait elle-même en cinq quartiers, dont quatre, ceux de Mélantois, de Carembaut, de Pévèle et de Ferrain, avaient appartenu aux Ménapiens. Le cinquième, celui de Weppes semble avoir succédé au pagus Leticus des Atrebates, lequel s’étendait dans la vallée de la lys.

  1. Le Mélantois, pagus Medenatensis, ou quartier du milieu, est nommé pour la première fois dans la vie de Saint Eloi par Saint Ouen (Spicil. 11, 93), puis dans l'acte de partages des Etats de Louis le Débonnaire en 835 (Duchesne. Hist. Franc. Script. 11, 327). Situé entre la Deûle et la Marque, il était borné au nord par le Ferrain, au levant par la Pévèle, au midi par le Carembaut, au couchant par le Weppes. Il comprenait, outre Lille, 29 villages de l'arrondissement actuel. Seclin en était la capitale.
  2. Le Carembaut, carembaultius ager est nommé Caribaut dans le titre de fondation de l’abbaye de Saint-Vaast d’Arras en 673. Ce quartier, le plus petit des cinq, était borné au nord par le Weppes et le Mélantois, au levant par le Pévèle, au midi par la Deûle et l’Artois. Il renfermait, dans la circonscription actuelle de l’arrondissement de Lille, 11 villages dont Phalempin en était le Chef-lieu.
  3. La Pévèle, Pabula, pagus pabulensis, est également reprise en 673, dans les lettres patentes données à l’abbaye de Saint-Vaast par le roi Thierri (Miroeus, 1, 126). Ce pagus dont la tête était Orchies, s’étendait originairement jusqu’à la Scarpe qui le séparait de l’Ostrevent ; le quartier qui le représente aujourd’hui dans l’arrondissement de Lille est moins étendu, il a pour limite, au nord le Ferrain, à l’est le Tournaisis, au midi l’arrondissement de Douai, à l’ouest la Marque qui le borne du côté du Mélantois et dans une petite partie le Carembaut. On compte 24 villages. Chef-lieu Cysoing.
  4. Le Ferrain, Ferraina regiuncula, était borné au septentrion par la Lys, à l’orient par le Tournaisis, au midi par la Pévèle et par la Marque qui le séparait du Mélantois, à l’occident par la Deûle qui formait sa limite vers la Weppes. Il comprenait 31 villages dans la circonscription actuelle de l’arrondissement de Lille. Chef-lieu Comines.
  5. Le Weppes, Weppis, Weppesana regio, dont Wavrin était le Chef-lieu, avait pour contour, au nord la Lys et la Deûle, au levant et au midi la Deûle qui le séparait des quartiers de Ferrain, de Mélantois et du Carembaut, au couchant l’Artois et la pays de Laleu. Ce contour renferme 37 villages.

Phalempin-en Carembaut, Cysoing-en Pévèle, Wavrin-en-Weppes et Comine-en-Ferrain étaient les quatre baronnies des seigneurs hauts - justiciers dont les baillis, personnages eux-mêmes considérables et pris dans la noblesse, administraient le pays.

La châtellenie de Lille comprenait encore les quartier d’Outre-Escaut, Transcaldina regio, et le Comté, comitatus ; mais les paroisses d’Otre-Escaut n’appartenant plus au département sortent ainsi du cadre adopté, et le Comté se composait d’enclaves dispersées dans les autres quartiers où elles sont reprises à leur ordre.

M. Th. LEURIDAN

Bibliographie : STATISTIQUE FEODALE du DEPARTEMENT du NORD. Extrait du bulletin de la commission historique du département du Nord, T. XI.

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